Aragon : Aurelien : Il n'y a pas d'amour heureux

Aragon a écrit ce roman pendant l'occupation entre 1942 et 1944, période durant laquelle il était contraint à la clandestinité. Ce roman a été publié en juin 1944 chez Egloff, puis en octobre 1944 chez Gallimard. Il est le quatrième du cycle Le Monde réel.



Résumé du Roman



" La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide. Elle lui déplut, enfin. Il n'aima pas comment elle était habillée. Une étoffe qu'il n'aurait pas choisie. Il avait des idées sur les étoffes. Une étoffe qu'il avait vue sur plusieurs femmes. Cela lui fit mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d'Orient sans avoir l'air de se considérer dans l'obligation d'avoir du goût ".

Ainsi commence Aurélien, ce roman, qui se passe dans les années vingt, et qui décrit le grand amour que le lieutenant Aurélien Leurtillois, célibataire oisif, encore hanté par les souvenirs du front, éprouve pour une jeune provinciale, Bérénice Morel, femme mariée, venue à Paris pour quelques jours.

Aurélien Leurtillois et Edmond Barbentane sont deux trentenaires, sportifs et séducteurs, appartenant à la bourgeoisie parisienne. Ils se sont connus sur le front pendant la première guerre mondiale. C'est Edmond qui jette Aurélien dans les bras de Bérénice, sa cousine.

L'amour qu'éprouvent Aurélien et bérénice est partagé, mais non pas sans réserve de la part de Bérénice qui craint de ne pouvoir satisfaire son "goût de l'absolu" chez cet homme plutôt volage. Ils vont évoluer dans le Tout Paris du début des années vingt peuplé par des anciens combattants, des poètes, des peintres, des épicuriens, des hommes d'affaires, des soldats américains, et des femmes légères...

Cette société excentrique et insouciante semble constituer un obstacle à cette idylle entre Aurélien et Bérénice. Ils sont, à leur insu, impliqués dans un jeu d'intrigues qui les éloigne l'un de l'autre.

Séparés pendant dix-sept ans, ils éprouvent, l'un et l'autre, une profonde nostalgie pour cet amour malheureux.

Pendant la seconde guerre mondiale, le hasard va les réunir. Lui, marié et père de deux enfants, travaille dans l'usine de son beau-frère. Elle, Bérénice, s'est engagée politiquement. Un soir, ils font une promenade en voiture. Leur véhicule est mitraillé par l'armée allemande. Bérénice, touchée, meurt contre l'épaule d'Aurélien.





Il n'y a pas d'amour heureux

Il n'y a pas d'amour heureux, l'un des grands poèmes d'Aragon aurait été composé durant l'écriture d'Aurélien. Il évoque l'atmosphère pessimiste de ce roman.





Personnages romanesques et figures réelles

Plusieurs personnages du roman sont inspirés de figures réelles de l'après-guerre : Aurélien emprunte ses traits - comme Aragon l'a indiqué lui-même – à Pierre Drieu la Rochelle, son ancien ami devenu fasciste, Bérénice a été inspirée par Denise Lévy, amour malheureux d'Aragon, qui deviendra une militante engagée. Derrière le peintre Zamora on devine Francis Picabia, et André Breton aurait prêté ses traits à Ménestrel.
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# Posté le vendredi 01 août 2008 14:48

Balzac : Le Colonel Chabert : résumé

Le colonel Chabert est l'un des premiers romans de Balzac. Il a été publié au printemps 1832 sous le titre L'Artiste.



Résumé

Paris, février 1818, peu de temps avant la chute de l'Empire, l'avoué Derville reçoit la visite d'un vieillard misérablement vêtu. Il assure être le colonel Chabert, passé pour mort, à la bataille d'Eylau en 1807. Il avait alors contribué à la victoire en conduisant une charge de cavalerie devenue célèbre.

Le vieil homme raconte comment, se réveillant dans un fossé entre des cadavres, il a survécu miraculeusement à ses blessures.

Il revient dix ans après et souhaite réclamer son titre, faire valoir ses droits et revivre avec sa femme. Or celle-ci , durant son absence, s'est remariée avec le comte Ferraud.

Mais celle-ci le repousse et refuse de reconnaître son ancien mari. L'avocat accepte d'aider le colonel en proposant une transaction à son ancienne épouse. Par dignité, Chabert refuse cet arrangement et disparaît.

Repoussé par sa femme, condamné pour vagabondage, Le colonel Chabert finira misérablement sa vie à l'asile.
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# Posté le vendredi 01 août 2008 14:50

Bazin : Vipère au poing : Résumé





Présentation du roman

Vipère au poing est le premier roman d'Hervé Bazin. Celui-ci l'a rendu immédiatement célèbre. Il a été publié en 1948, et est le premier volet d'une trilogie qui raconte successivement l'enfance de Jean Rezeau, sa vie de jeune adulte puis celle d'homme d'âge mûr (jusqu'à la mort de sa mère Folcoche). Cette trilogie (Vipère au poing, La Mort du Petit Cheval, Le Cri de la Chouette) est très largement autobiographique.

Vipère au Poing a été adapté à la télévision en 1971. Alice Sapritch y interprète le rôle de Folcoche dans une réalisation de Pierre Cardinal.



Résumé du roman

L'histoire débute durant l'été 1922. Un enfant découvre une vipère. Il la saisit et l'étouffe de ses mains. Cet acte lui vaut d'être comparé à Hercule, le personnage de la mythologie grecque, qui dans son berceau étrangla deux serpents.

25 ans plus tard, Jean Rezeau, "l'enfant de 1922" est le narrateur de l'histoire. Son surnom est Brasse-Bouillon. Il évoque la propriété de sa famille, La Belle Angerie. Il présente sa grand-mère paternelle, Mme Rezeau, chez qui lui et son frère aîné, Ferdinand, ont passé, parmi des domestiques dévoués, quelques années d'enfance heureuses tandis que leurs parents et leur plus jeune frère séjournaient en Chine. M. Rezeau père enseignait le droit international dans une université chinoise.

Lorsque Jean a huit ans, sa grand-mère meurt d'une maladie des reins. Les parents doivent rentrer de Chine. Les deux frères ont hâte de revoir leurs parents et de découvrir ce petit frère, Marcel, qu'ils ne connaissent pas .

Mais les retrouvailles se transforment en cauchemar. Les deux frères sont sur le quai de la gare de Segré pour accueillir leurs parents et leur petit frère. Ils se précipitent vers leur mère pour l'embrasser. Mais celle-ci, agacée par ces gestes de tendresse les gifle sans ménagement et leur ordonne de porter les valises.

M. Rezeau cesse de travailler et vit des revenus de la propriété. Homme faible, il est dominé par sa femme et préfère passer ses journées à collectionner les insectes plutôt que de s'occuper de ses enfants. Le narrateur décrit ensuite les autres membres de sa famille : sa mère, Mme Rezeau est la fille d'un sénateur, et la petite fille d'un banquier. Très riche , elle a apporté une immense dot au mari que lui ont choisi ses parents.

Puis Jean présente ses frères : Ferdinand, l'aîné, dit Fredie que l'on appelle parfois Chiffe en raison de son caractère timide et peureux; et Marcel , le jeune frère , le préféré de sa mère, qu'il décrit comme fourbe et travailleur. Jean , le narrateur que l'on appelle Brasse-Bouillon, se décrit comme un enfant joufflu, aimant la vie mais aussi rebelle et ayant mauvais caractère.

Dès leur arrivée, les parents imposent une discipline de fer. M. Rezeau établit des horaires draconiens et Mme Rezeau commet de sévères brimades, dont la plus traumatisante est de tondre ses enfants avec la tondeuse qui servait auparavant pour l'âne Cadichon.

Les deux frères aînés subissent la cruauté de leur mère, sa partialité et sa sévérité. Elle chasse Ernestine , la gouvernante, qui a eu le malheur de protester et peut ainsi à sa guise imposer sa tyrannie . Elle nourrit mal ses enfants, et se permet pendant les repas de planter sa fourchette dans leurs mains. Elle les prive de promenades et les condamne à passer leurs journées à désherber les allées du parc. Elle confisque les objets et les jouets de ses enfants ainsi que les friandises que leur offre leurs grands-parents. Pire, le soir, après la prière, chaque enfant doit se confesser devant elle et le précepteur et avouer les péchés de la journée. Marcel, le jeune fils préféré, en profite pour dénoncer ses frères.

Blessés par tant de cruauté, Fredie et Jean se réfugient dans l'hypocrisie et affublent leur mère du surnom de Folcoche, association de folle et de cochonne.

Durant la saison de chasse , M. Rezeau père propose à ses enfants de l'accompagner et de rabattre le gibier. Les fils profitent pleinement des ces quelques heures de liberté. Folcoche, elle, vit mal ce plaisir que leur procure ce loisir. Un soir, excédé de constater que ses fils ont passé une très agréable journée, elle décide de sévir. Pour une fois, leur père décide de s'interposer. Vexée par cet échec Folcoche fait payer cette humiliation à ses enfants. Sans aucun motif, les dents serrées, elle les bat. Le jardinier , qui a eu le malheur d'assister à la scène est licencié.

Un soir pendant la prière, Folcoche s'évanouit. Le médecin diagnostique des calculs à la vésicule. En plus de la douleur que doit supporter Mme Rezeau, en raison de cette maladie, elle doit affronter Brasse-Bouillon qui a trouvé comme seule défense de la fixer dans les yeux durant les repas. Ce soir-là il parvient à soutenir son regard pendant huit minutes.

A la Belle Angerie, les précepteurs se succèdent à un rythme effréné. Soit ils ont le malheur de se hasarder à des remarques, soit ils ne supportent pas cette ambiance haineuse. Les enfants commencent à leur donner des surnoms, ainsi BIV est-il remplacé par BV qui ne reste que 8 jours.

Le 14 juillet 1927, Folcoche est hospitalisée à Angers pour une opération de la vésicule biliaire. Les garçons profitent de l'absence de leur mère : ils laissent repousser les pissenlits du jardin et leur cheveux. Même leur père semble aller mieux, ses migraines diminuent et il se met à initier ses enfants à sa passion des insectes, à la politique,à la botanique et à l'astronomie.

Folcoche tarde à retrouver la santé; ses garçons craignent son retour et se prennent à rêver de sa mort. Ils en profitent aussi pour se constituer des réserves : une cachette dans la chambre de Fredie leur permet de stocker toutes les provisions qu'ils peuvent récupérer.

Folcoche rentre à la Belle Angerie. Mais durant les quelques mois de son absence, ses fils ont grandi et les gifles qu'elle distribue toujours aussi généreusement ont beaucoup moins d'impact. Il lui faut changer de stratégie. Elle essaye de renvoyer Fine, la femme qui sert la famille depuis trente ans, mais M. Rezeau s'y oppose. Pour semer la discorde parmi les trois frères qui ont constitué un "pacte de défense", Folcoche tente de corrompre Marcel , le jeune frère, mais Brasse-Bouillon parvient à maintenir l'union sacrée entre les enfants.

Folcoche décide alors d'éloigner les deux aînés pour mettre au point une nouvelle tactique. M. Rezeau père, Ferdinand et Jean partent en voiture dans le Gers. Cette aventure permet aux deux frères de goûter des plaisirs inconnus : des hôtes chaleureux, des lits confortables, des repas délicieux.... Mais bizarrement Brasse-Bouillon supporte mal cette vie sans interdiction et sans haine. Folcoche lui manque ...

Une lettre de Marcel, leur frère cadet, leur permet d'avoir les dernières nouvelles de la Belle Angerie. Folcoche a engagé un nouveau précepteur encore plus sévère que les précédents. Elle a aussi découvert la cachette où les enfants stockaient leurs provisions. Le retour risque d'être terrible...

Les enfants rentrent à la Belle Angerie. Aussitôt ils donnent à l'abbé Traquet, leur nouveau précepteur, le surnom de BVII. Celui-ci commence par fouetter Frédie, en raison des provisions trouvées dans sa chambre. Mais Brasse-Bouillon ne reste pas inactif : en cachette il réconforte son frère aîné . Ensuite il jette le trouble chez Folcoche en lui laissant croire que le précepteur a vraiment été très clément avec le fautif. Puis il murmure au précepteur que sa mère le prend pour un simple domestique. Enfin il obtient de son père que Frédie bénéficie d'une amnistie.

Jean est devenu le principal souffre douleur de Folcoche. Elle multiplie les humiliations et lui, les représailles. C'est la "guerre civile". A l'actif de Folcoche : les soupes épouvantablement salées, les habits de son fils qu'elle déchire et qu'elle accuse ensuite de négligence. Brasse Bouillon n'est pas en reste : il déchire la collection de timbres de Folcoche, arrose ses fleurs avec de l'eau de Javel. Pour faire payer à leur mère sa piété perfide , les frères se défoulent dans les églises : ils jettent les missels dans les bénitiers, détraquent les horloges, couvrent les murs de graffitis...

Puis c'est la guerre "alimentaire" . Folcoche leur donne à manger du poisson avarié et accuse ses enfants d'avoir voulu empoisonner les chevaux. Cette accusation donne des idées aux enfants. Ils versent 100 gouttes de belladonne dans le café de leur mère pour l'empoisonner. Mais celle-ci qui a souvent utilisé ce médicament durant sa maladie n'aura qu'une "simple" colique. Les enfants ne désarment pas , si l'empoisonnement a échoué, alors ce sera la noyade dans la rivière. Folcoche en réchappe miraculeusement.

Folcoche qui comprend qu'elle a échappé par deux fois à la mort décide de se venger. Elle demande à l'abbé Traquet de fouetter Brasse Bouillon , qu'elle soupçonne d'être le meneur. Il se barricade dans sa chambre et s'enfuit la nuit venue.

Il parvient à se rendre à Paris chez ses grands parents maternels, les Pluvignec. Il est impressionné par ce sénateur qui vit dans le somptueux quartier d'Auteuil , par sa fortune mais est incommodé par sa vanité. M. Pluvignec, lui, est amusé par l'audace de son petit-fils et il promet d'½uvrer pour réconcilier l'enfant et sa famille.

M. Rezeau père arrive à Paris chercher son fils et à la grande surprise de ce dernier il n'exprime aucune colère , juste un embarras. Jean en vient presque à regretter que ce ne soit pas Folcoche qui ait fait le voyage. Certes, il la déteste, mais elle, elle aurait fait preuve d'autorité et de fermeté.

Brasse Bouillon revient avec son père à la Belle Angerie . L'ambiance est plutôt à l'indifférence. Il prend alors l'habitude de se réfugier sur la plus haute branche d'un arbre de la propriété. Ce refuge, où il se rend très souvent lui permet d'analyser la nouvelle situation. Il sait que maintenant son combat contre Folcoche a changé de nature. Sa corpulence d'adolescent, ses initiatives, son assurance et son sens de la provocation impressionnent Folcoche. Il rêve d'être bientôt exclu de la famille.

Les travaux recommencent à la Belle Angerie : il faut désherber les allées du parc, cirer les parquets du salon... Pourtant un anniversaire va modifier le quotidien. Cela fait vingt cinq ans que le vénérable René Rezeau a été élu à l'Académie française. Jacques Rezeau, le père de Jean souhaite organiser une grande cérémonie familiale pour fêter l'illustre octogénaire. Le jour de la fête, il faut écouter un discours assommant de trois heures. Jacques Rezeau profite de cette journée pour vanter les valeurs de la bourgeoisie et de la famille. Jean pour sa part a trouvé cette cérémonie désuète et incongrue. La haine qu'il éprouvait pour ses proches s'étend maintenant à toute sa famille et à toute la bourgeoisie.

Brasse Bouillon et Folcoche se ménagent quelque peu. Jean a maintenant quinze ans et commence à désirer les femmes. Il jette son dévolu sur Madeleine, une jeune fermière. Un dimanche d'été, en fin d'après-midi, il parvient à la séduire sous l'½il attentif de Frédie qui, à la fois, contrôle le voisinage et s'assure de la réussite de son frère.

Pendant quelques semaines, Jean savoure sa conquête, mais très vite il s'irrite des marques de tendresse de Madeleine. Pour lui, les femmes ne peuvent être différentes de sa mère, c'est pourquoi il s'en méfie.

Folcoche qui sait maintenant que Brasse Bouillon la connaît parfaitement souhaite l'éloigner. Elle projette de cacher son portefeuille dans la chambre de son fils puis elle l'accusera. Jean pressent le piège. Il voit sa mère sortir de sa chambre et s'empresse de lui rapporter le portefeuille qu'elle a "oublié". La confrontation entre les deux adversaires n'a pas lieu, car finalement ils ont le même objectif : le départ de Jean pour le Collège. Ce qu'il finit par obtenir pour lui et pour ses frères

Jean va prévenir Madeleine de son départ. Il se moque de sa tristesse. Elle fond en larmes.

Les trois garçons vont partir comme internes chez les Jésuites au Mans. Reste une haine définitive entre Folcoche et Jean. Cette animosité a façonné pour toujours la personnalité du narrateur. Il n'a plus confiance en rien ni en personne. Il quitte la Belle Angerie "une vipère au poing".
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# Posté le vendredi 01 août 2008 14:54

Bernardin de Saint-Pierre : Paul et Virginie : Résumé

Résumé du roman

Dans une plaine intérieure de l'Ile de France (la future île Maurice), le narrateur découvre les ruines de deux petites cabanes. Il rencontre un vieillard venant "à passer aux environs" et lui adresse la parole : " Mon père, lui dis-je, pourriez-vous m'apprendre à qui ont appartenu ces deux cabanes ?" Le vieil homme, à la fois conteur, témoin de ce paradis perdu, et unique survivant va lui conter l'histoire de Paul et Virginie : " Mon fils, ces masures et ce terrain inculte étaient habités, il y a environ vingt ans, par deux familles qui y avaient trouvé le bonheur."



Deux françaises, Mme de la Tour, la jeune veuve d'un aristocrate libertin, et Marguerite, une paysanne bretonne séduite et abandonnée ont fui la métropole et sont venus cacher leur déshonneur dans cette colonie française.

Elles mettent au monde, vers 1726, Virginie et Paul. Mme de la Tour, avec sa fille Virginie, et Marguerite, avec son fils Paul, sont aidées par un couple de noirs, Marie et Domingue. Les deux femmes unissent leur détresse et leur pauvreté et exploitent la terre. Leurs deux enfants grandissent comme frère et s½ur : "Ainsi ces deux petits enfants, privés de tous leurs parents, se remplissaient de sentiments plus tendres que ceux de fils et de fille, de frère et de s½ur, quand ils venaient à être changés de mamelles par les deux amies qui leur avaient donné le jour".

Les deux mères et leurs deux enfants goûtent sur cette île un bonheur simple qui semble vouloir effacer leurs malheurs passés. " Chaque jour était pour ces familles un jour de bonheur et de paix. Ni l'envie ni l'ambition ne les tourmentaient. Elles ne désiraient point au-dehors une vaine réputation que donne l'intrigue, et qu'ôte la calomnie; il leur suffisait d'être à elles-mêmes leurs témoins et leurs juges. "

Cette petite communauté connaît une existence paisible dans la splendeur des paysages tropicaux. Paul et Virginie grandissent en parfaite harmonie avec la nature. Ils sont vertueux et candides : leur innocence les préserve du mal tant en actes qu'en pensée. Seule une lettre de la tante de la Mme de la Tour vient, en 1738, troubler momentanément leur bonheur. Cette lettre, en provenance de France, que la mère de Virginie espérait depuis plus de dix ans, ne contient que reproches et leçons de morale. Heureusement le trouble qu'elle provoque ne semble être que passager : "Ainsi ils continuèrent tous d'être heureux et ce ne fut qu'un orage au milieu d'une belle saison."

Paul et Virginie grandissent , et c'est là qu'apparaît "le mal" de Virginie : "Cependant depuis quelque temps Virginie se sentait agitée d'un mal inconnu. Ses beaux yeux bleus se marbraient de noir ; son teint jaunissait; une langueur universelle abattait son corps. La sérénité n'était plus sur son front, ni le sourire sur lèvres. On la voyait tout à coup gaie sans joie, et triste sans chagrin. Elle fuyait ses jeux innocents, ses doux travaux, et la société de sa famille bien-aimée."

Virginie est devenue adolescente, et elle découvre que ses sentiments pour Paul changent de nature. Il n'avait été jusqu'alors qu'un frère avec lequel elle partageait ses joies et ses jeux. Elle devine que la tendresse qu'elle éprouve pour lui se transforme en amour et elle l'imagine comme compagnon et comme époux. Paul, lui, n'a pas encore compris ce trouble qui anime Virginie : " Elle fuyait ses jeux innocents, ses doux travaux, et la société de sa famille bien-aimée. Elle errait çà et là dans les lieux les plus solitaires de l'habitation, cherchant partout du repos, et ne le trouvant nulle part. Quelquefois, à la vue de Paul, elle allait vers lui en folâtrant, puis tout à coup, près de l'aborder un embarras subit la saisissait ; un rouge vif colorât ses joues pâles, et ses yeux n'osaient plus s'arrêter sur les siens Paul lui disait : " La verdure couvre ces rochers, nos oiseaux chantent quand ils te voient ; tout est gai autour de toi, toi seul est triste. " Et il cherchait à la ranimer en l'embrassant ; mais elle détournait la tête, et fuyait tremblante vers sa mère. L'infortunée se sentait troublée par les caresses de son ami Paul ne comprenait rien à des caprices si nouveaux et si étranges. "

Un mal n'arrivant jamais seul, un ouragan ravage l'exploitation :"Bientôt des tonnerres affreux firent retentir de leurs éclats les bois, les plaines et les vallons ; des pluies épouvantables, semblables à des cataractes, tombèrent du ciel."

Puis lorsque la pluie cesse et que les vents reprennent leur cours ordinaire Paul et Virginie constatent l'étendue de la dévastation : À la vue de cette désolation, Virginie dit à Paul : " vous aviez apporté ici des oiseaux, l'ouragan les a tués. Vous aviez planté ce jardin, il est détruit. Tout périt sur la terre ; il n'y a que le ciel qui ne change point. " Paul lui répondit : " Que ne puis-je vous donner quelque chose du ciel ! Mais je ne possède rien, même sur la terre. " Virginie reprit, en rougissant : " vous avez à vous le portrait de saint Paul. " À peine eut-elle parlé qu'il courut le chercher dans la case de sa mère."

Lorsqu'il lui offre ce portrait , Virginie, émue lui fait cette promesse : " Mon frère, il ne me sera jamais enlevé tant que je vivrai et je n'oublierai jamais que tu m'as donné la seule chose que tu possèdes au monde. " À ce ton d'amitié, à ce retour inespéré de familiarité et de tendresse, Paul voulut l'embrasser ; mais aussi légère qu'un oiseau elle lui échappa, et le laissa hors de lui, ne concevant rien à une conduite si extraordinaire.

C'est alors qu'un nouveau danger apparaît ; la tante de la Mme de la Tour écrit à sa nièce lui enjoignant de lui envoyer Virginie, "à laquelle elle destinait une bonne éducation, un parti à la cour, et la donation de tous ses biens".

Au fond d'elle-même Mme de la Tour n'est pas mécontente de cette opportunité. Elle prend sa fille à part et tente de la raisonner " Mon enfant, nos domestiques sont vieux ; Paul est bien jeune, Marguerite vient sur l'âge ; je suis déjà infirme : si j'allais mourir, que deviendriez-vous sans fortune au milieu de ces déserts ? vous resteriez donc seule, n'ayant personne qui puisse vous être d'un grand secours, et obligée, pour vivre, de travailler sans cesse à la terre comme une mercenaire. Cette idée me pénètre de douleur "

Voyant la peine que cette séparation vaudrait à Virginie, Mme de la Tour est prête à se résoudre, mais le gouverneur de l'Ile vient forcer le destin. Il envoie un prêtre qui a pour mission de convaincre à la fois la mère et la fille.

Emmenée de nuit par le gouverneur, Virginie embarque à contrec½ur, pour la France sans même avoir pu dire au revoir à Paul. La séparation est douloureuse. Paul, pour la première fois de son existence, explose de colère. Il va se plaindre aux arbres, aux rochers et aux oiseaux. C'est comme si on avait arraché la fleur du bonheur qui poussait naturellement dans son c½ur. Pour atténuer la séparation et pouvoir correspondre avec Virginie , il apprend à lire et à écrire. "Il voulut ensuite s'instruire dans la géographie pour se faire une idée du pays où elle débarquerait ; et dans l'histoire, pour connaître les m½urs de la société où elle allait vivre."

Virginie est elle aussi désespérée d'abandonner Paul. Loin de se réjouir de cette fortune que sa tante désire lui léguer, elle souffre de cette vie européenne à laquelle elle ne parvient pas à s'adapter. Pendant plus d'un an Paul et Virginie restent sans nouvelles l'un de l'autre, les lettres qu'ils s'échangent , étant interceptées par la grand-tante de Virginie. Pendant cette année qui lui parait interminable , Paul qui lit maintenant des romans reste inconsolable : "il fut tout bouleversé par la lecture de nos romans à la mode, pleins de m½urs et de maximes licencieuses ; et quand il sut que ces romans renfermaient une peinture véritable des sociétés de l'Europe, il craignit, non sans quelque apparence de raison, que Virginie ne dut à s'y corrompre et à l'oublier".

Virginie, par des moyens détournés parvient enfin à faire parvenir à sa mère une première lettre. Mme de la Tour découvre combien sa fille est malheureuse en métropole. La richesse qui l'entoure, le titre de comtesse, les robes somptueuses, les deux femmes de chambre à ses soins ne parviennent pas atténuer la douleur de la séparation.

Et quand la grand-tante se met en tête de marier Virginie, celle-ci préfère être déshéritée et chassée de France. Elle ne pense plus dès lors qu'à Paul et au retour.

On annonce son retour imminent. Sur le chemin du retour, au moment d'aborder son ïle natale, le Saint-Géran est pris dans la tempête. Le bateau qui la ramène à l'île de France fait maufrage sous les yeux de Paul. Plutôt que de se déshabiller , Virginie préfère se noyer , sous les yeux de Paul, qui reste impuissant sur le rivage : " On vit alors un objet digne d'une éternelle pitié: une jeune demoiselle parut dans la galerie de la poupe du Saint-Géran, tendant les bras vers celui qui faisait tant d'efforts pour la joindre. C'était Virginie. Elle avait reconnu son amant à son intrépidité. La vue de cette aimable personne, exposée à un si terrible danger, nous remplit de douleur et de désespoir pour Virginie, d'un port noble et assuré, elle nous faisait signe de la main, comme nous disant un éternel adieu.

Tous les matelots s'étaient jetés à la mer Il n'en restait plus qu'un sur le pont, qui était tout nu et nerveux comme Hercule.

Il s'approcha de Virginie avec respect : nous le vîmes se jeter à ses genoux, et s'efforcer même de lui ôter ses habits ; mais elle, le repoussant avec dignité, détourna de lui sa vue. On entendit aussitôt ces cris redoublés des spectateurs : " Sauvez la, sauvez la ; ne la quittez pas ! " Mais dans ce moment une montagne d'eau d'une effroyable grandeur s'engouffra entre l'île d'Ambre et la côte, et s'avança en rugissant vers le vaisseau, qu'elle menaçait de ses flancs noirs et de ses sommets écumants. À cette terrible vue le matelot s'élança seul à la mer ; et Virginie, voyant la mort inévitable, posa une main sur ses habits, l'autre sur son coeur et levant en haut des yeux sereins, parut un ange qui prend son vol vers les cieux."

Le vieillard entreprend de consoler le jeune homme. Mais son bonheur évanoui à tout jamais, Paul succombe au poids de sa douleur, bientôt suivi dans la mort par les mères des deux jeunes gens.
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# Posté le vendredi 01 août 2008 14:54

Camus : L'Étranger : Fiche de lecture et résumé

L'Etranger : Résumé
Le narrateur, Meursault, employé de bureau à Alger, apprend que sa mère est morte, dans un asile. Il va l'enterrer sans larmes, et sous un soleil de plomb qui ne fait qu'augmenter son envie d'en finir avec la cérémonie. De retour à Alger, il va se baigner et retrouve une ancienne collègue, Marie. Ils vont voir un film comique au cinéma, et elle devient sa maîtresse. Un soir, Meursault croise Salamano, un voisin, et est invité par Raymond, un autre voisin de palier. Ce dernier, ancien boxeur, lui raconte sa bagarre avec le frère de sa maîtresse, et lui demande d'écrire une lettre qui servira sa vengeance. Quelques jours plus tard, Raymond se bat avec sa maîtresse et la police intervient. Meursault accepte de l'accompagner au commissariat.
Invité par Raymond à passer un dimanche au bord de la mer dans le cabanon d'un ami, Masson, Meursault s'y rend avec Marie. Après le repas, les hommes se promènent sur la plage et rencontrent deux Arabes, dont le frère de la maîtresse de Raymond. Ils se battent et Raymond est blessé. De retour au cabanon, Meursault le tempère et lui prend son revolver, pour lui éviter de tuer. Reparti seul sur la plage, il retrouve par hasard le frère, qui sort un couteau. Assommé par le poids du soleil, il se crispe sur le revolver et le coup part tout seul; mais Meursault tire quatre autres coups sur le corps inerte.
Meursault est emprisonné. L'instruction va durer onze mois. Il ne manifeste aucun regret lorsqu'il est interrogé par le juge, aucune peine lorsque son avocat l'interroge sur les sentiments qui le liaient à sa mère. Le souvenir, le sommeil et la lecture d'un vieux morceau de journal lui permettent de s'habituer à sa condition. Les visites de Marie s'espacent.
Le procès débute avec l'été. L'interrogatoire des témoins par le procureur montre que Meursault n'a pas pleuré à l'enterrement de sa mère, qu'il s'est amusé avec Marie dès le lendemain et qu'il a fait un témoignage de complaisance en faveur de Raymond, qui s'avère être un souteneur. Les témoignages favorables de Masson et Salamano sont à peine écoutés. Le procureur plaide le crime crapuleux, exécuté par un homme au coeur de criminel et insensible, et réclame la tête de l'accusé. L'avocat plaide la provocation et vante les qualités morales de Meursault, mais celui-ci n'écoute plus. Le président, après une longue attente, annonce la condamnation à mort de l'accusé.
Dans sa cellule, Meursault pense à son exécution, à son pourvoi et à Marie, qui ne lui écrit plus. L'aumonier lui rend visite, malgré son refus de le rencontrer. Meursault est furieux contre ses paroles, réagit violemment et l'insulte. Après son départ, il se calme, réalise qu'il est heureux et espère, pour se sentir moins seul, que son exécution se déroulera devant une foule nombreuse et hostile.
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# Posté le vendredi 01 août 2008 14:55