Flaubert : Madame de Bovary : résumé analyse

Résumé du roman



Première Partie



"Nous étions à l'Etude, quand le Proviseur entra suivi d'un nouveau habillé en bourgeois et d'un garçon de classe qui portait un grand pupitre. Ceux qui dormaient se réveillèrent, et chacun se leva comme surpris dans son travail".

Ainsi débute Madame Bovary : Ce nouvel élève, âgé d'une quinzaine d'années, qui entre en 5ème au Collège de Rouen n'est autre que Charles Bovary. Il a l'air un peu ridicule, ce "gars de la campagne". Son attitude un peu gauche déchaîne le rire de ses camarades. Il arrive d'un village situé entre le pays de Caux et la Normandie où ses parents, qui ne s'entendent pas, se sont retirés. Son père est un médiocre qui a accumulé de nombreux échecs. Sa mère, frustrée et aigrie, a reporté tous ses espoirs sur ce fils qu'elle a couvé.

Charles Bovary s'installe à Tostes et épouse sous l'influence de sa mère une veuve de quarante-cinq ans, riche, laide et tyrannique, Mme Dubuc. Elle aime Charles avec passion mais exerce à son égard une surveillance despotique. Le jeune Charles connaît ainsi une vie de couple qui ressemble à un cauchemar.

Une nuit d'hiver, Charles se rend à la ferme des Bertaux. Le père Rouault, son propriétaire, "un cultivateur des plus aisés" vient de se casser la jambe. Charles soigne le maître des lieux et est sensible au charme d'Emma, sa fille. Les jours suivants, il revient aux Bertaux, jusqu'à ce que son épouse, jalouse, lui interdise d'y retourner. Au début du printemps, le notaire de Mme Bovary commet une malversation qui laisse cette dernière à demi ruinée. Elle meurt brusquement une semaine plus tard.

Peu après, sur l'invitation du père Rouault, Charles retourne aux Bertaux. Il revoit Emma. Il est amoureux de la jeune fille, mais n'ose se déclarer. "À l'époque de la Saint Michel" il se décide à la demander en mariage. La noce est fixée au printemps suivant, l'hiver sera occupé par les préparatifs. Emma rêvait de "se marier à minuit, aux flambeaux". La noce, campagnarde, sera beaucoup moins féerique. Charles ne brille guère durant la noce, ne répondant que médiocrement aux calembours ou compliments que lui adressent les invités.

Mais le lendemain des noces Charles semble découvrir le bonheur près d'Emma. Il laisse éclater sa joie et se réjouit de trouver en elle une épouse parfaite. Emma commence par apporter des changements dans l'aménagement de la maison et Charles est tout à sa joie de la voir aussi bien conduire son ménage, dessiner, jouer du piano, ou recevoir avec élégance. Mais la jeune femme, elle, est distante. La réalité ne correspond pas à ce qui lui avait paru si beau dans les livres de son enfance. Elle avait tant rêvée de ce mari qui devait lui procurer une vie plus passionnante. Elle souhaitait tant oublier celle monotone, qu'elle avait passée avec son veuf de père, depuis sa sortie du couvent. Or ce mari, tant idéalisé, se révèle bien décevant.

Elevée au couvent, parmi des jeunes filles du monde, Emma y a reçu une parfaite éducation. Elle a lu Paul et Virginie, a rêvé en lisant des romans sentimentaux et historiques, ou des poèmes romantiques. Elle a admiré des gravures représentant de jeunes hommes serrant dans leurs bras des ladies anglaises à boucles blondes. Toute cette éducation a nourri son "tempérament sentimental" et ses songes romanesques.

Aux antipodes de l'homme rêvé, Charles déçoit Emma. Son manque de mystère et de raffinement désappointe la jeune femme. La vie humble et sans surprise qu'il lui offre lasse Emma. Heureusement, une invitation du Marquis d'Andervilliers à un bal au château de la Vaubyessard vient rompre la monotonie de son existence.

Emma, émerveillée, découvre le luxe et l'élégance du monde aristocratique. Ce monde enchanté auquel elle a tant rêvé lui fait oublier un instant ses origines paysannes. Hélas , le rêve est éphémère et le retour à Tostes, silencieux et triste. Dès le lendemain, il lui faut subir les conversations banales de Charles. " Son voyage à la Vaubyessard avait fait un trou dans sa vie, à la manière de ces grandes crevasses qu'un orage, en une seule nuit, creuse quelquefois dans les montagnes". Emma se réfugie dans "le souvenir de ce bal".

Emma rêve devant le " porte-cigares tout bordé de soie verte" que Charles a ramassé sur le chemin du retour. Elle imagine que cet objet appartient au "Vicomte". Emma rêve aussi de Paris et se met à lire Balzac, George Sand et Eugène Sue. Mais à Tostes, l'ennui s'accroît et la jeune femme est de plus en plus irritée par le manque d'ambition et le laisser-aller de son mari. Les saisons se succèdent. Elle vit pourtant dans l'espoir d'une nouvelle invitation, mais en vain. Un an et demi après le bal de la Vaubyessard, sa santé s'altère et Emma laisse tout aller dans son ménage . Charles, qui est resté quatre ans à Tostes, décide alors de déménager et de s'installer à Yonville . Emma est enceinte. Il espère que ce déménagement lui sera bénéfique.



Deuxième Partie

Les époux Bovary arrivent à Yonville. A l'auberge du Lion d'Or. Madame veuve Lefrançois, la maîtresse de l'auberge, prépare le dîner. Il y a là , pour accueillir les Bovary, Monsieur Homais, le pharmacien, le percepteur Binet, et le curé Bournisien. Pendant que Homais et Charles Bovary devisent sur la médecine, Emma sympathise avec Léon Dupuis, clerc de notaire et habitué de l'auberge, qui dîne avec eux. Ils se découvrent des goûts communs. Puis les Bovary s'installent dans leur maison : " C'était la quatrième fois qu'elle ( Emma) couchait dans un endroit inconnu. La première avait été le jour de son entrée au couvent, la seconde celle de son arrivée à Tostes, la troisième à la Vaubyessard, la quatrième était celle-ci ; et chacune s'était trouvée faire dans sa vie comme l'inauguration d'une phase nouvelle." La jeune femme se prend à rêver à des jours meilleurs.

Homais, le pharmacien, se montre, avec les Bovary, le meilleur des voisins. Il essaye, en fait, de s'attirer la sympathie de Charles Bovary, au cas où ce dernier apprendrait qu'il exerce de façon illicite la médecine. Charles, lui, est maussade car la clientèle "n'arrive pas" . Heureusement cette déception professionnelle est compensée par la naissance de sa fille. Emma donne naissance à Berthe. La jeune femme eût préféré un fils. Après le baptême, la petite est mise en nourrice, chez Mme Rollet. Un jour, Léon accompagne Emma et sa fille chez la nourrice. Sur le chemin, Emma et Léon se donnent la main. Cette complicité ne passe pas inaperçue : " Dès le soir, cela fut connu dans Yonville, et madame Tuvache, la femme du maire, déclara devant sa servante que madame Bovary se compromettait" .

La vie, se poursuit, monotone. Emma guette chaque jour, de sa maison, le passage de Léon. Les Bovary sont invités régulièrement, le dimanche, avec Léon, chez Homais, le pharmacien : On y joue au trente et un, et aux dominos. Puis Homais et Bovary s'endorment. Léon et Emma feuillettent alors ensemble L'illustration et goûtent cette "solitude" :" Ils se parlaient à voix basse, et la conversation qu'ils avaient leur semblait plus douce, parce qu'elle n'était pas entendue". Les jeunes gens s'échangent des cadeaux. Léon fait la cour à Emma mais ne se déclare pas . En février, lors d'une promenade dominicale aux environs d'Yonville, en compagnie des Homais et de Léon, Emma prend conscience de la banalité de Charles face au charme du jeune homme. Elle réalise aussi que Léon est amoureux d'elle. Elle décide de ne pas céder à la tentation et s'efforce de rester une maîtresse de maison modèle et une mère irréprochable. Sa maîtrise apparente cache pourtant un douloureux conflit intérieur : amour pour Léon et volonté de rester vertueuse. C'est Charles qui sera le bouc émissaire de ce malheur : elle le méprisait, elle se met à le haïr.

Un soir d'avril, elle entend l'angélus. "Ce tintement répété" rappelle à Emma le souvenir du couvent. La religion peut l'aider , peut-être, à affronter cette crise qu'elle traverse : elle se rend à l'église afin de confier son trouble à Bournisien, le curé. Mais le dialogue entre l'homme d'église et la jeune femme n'est qu'une suite de malentendus. Pour lui, ces souffrances sont purement physiques. Cette incompréhension laisse Emma désemparée. De retour chez elle, Emma repousse sèchement sa fille Berthe, qui tombe et se blesse. Charles, qui rentre pour le dîner, soigne cette blessure sans gravité. La jeune mère , se reprochant son attitude, reste pour veiller sur sa fille endormie. Elle est effrayée de la laideur de son enfant.

Quant à Léon, il désespère de l'inaccessibilité d'Emma et se lasse de cet amour sans espoir. Il décide alors de partir à Paris terminer son droit . Il vient faire ses adieux à Emma. L'émotion est grande mais le jeune homme ne parvient pas à trouver les mots pour l'exprimer. Au cours de la soirée qui suit son départ, Homais évoque les réjouissances de la capitale; il annonce aussi que des Comices agricoles auront lieu cette année à Yonville.

Suite au départ de Léon, Madame Bovary sombre à nouveau dans la mélancolie : " le chagrin s'engouffrait dans son âme avec des hurlements doux, comme fait le vent d'hiver dans les châteaux abandonnés". La visite du sieur Lheureux, marchand de nouveautés, lui donne l'occasion de faire des dépenses déraisonnables. Emma se lance aussi dans des lectures ambitieuses : " Elle voulut apprendre l'italien : elle acheta des dictionnaires, une grammaire, une provision de papier blanc. Elle essaya des lectures sérieuses, de l'histoire et de la philosophie". Charles sombre dans l'inquiétude. Il fait appel à sa mère :"Alors il écrivit à sa mère pour la prier de venir, et ils eurent ensemble de longues conférences au sujet d'Emma". Mme Bovary mère ne trouve guère de solutions miracles. Il faut, selon elle, "empêcher Emma de lire des romans".

Un jour de marché, Rodolphe Boulanger, le nouveau châtelain de la Huchette, rend visite à Charles Bovary, avec un de ses fermiers à qui il faut faire une saignée. Durant l'intervention de l'officier de santé, il regarde Emma et la trouve très jolie. Aristocrate libertin, "de tempérament brutal et d'intelligence perspicace", il devine le fossé qui s'est creusé entre les deux époux, il décèle aussi les frustrations et les rêves inassouvis d'Emma. C'est décidé, lors des prochains comices agricoles, il fera tout pour la séduire.

Le jour des comices est arrivé, tout le village est en fête. Rodolphe profite de cette occasion pour faire sa cour à la jeune femme. Il va à sa rencontre, et parvient à fausser compagnie à M. Lheureux et au pharmacien. Rodolphe et Emma assistent tous les deux à l'examen des bêtes, à l'arrivée des notables. Du premier étage de la mairie, ils entendent, par bribes, les discours officiels, car Rodolphe met à profit la situation pour tenir à Emma des propos séducteurs. Emma se laisse prendre au jeu et n'émet qu'une faible résistance. Les discours sont suivis de la remise de médailles : une servante reçoit cette décoration en récompense de ses cinquante ans de labeur. La fête se termine par un feu d'artifice raté. M. Homais rédige un article dithyrambique pour le Fanal de Rouen, dont il est le correspondant.

Rodolphe attend six semaines avant de rendre visite à Emma. Il joue d'abord la comédie puis simule la mélancolie. Charles survient, Rodolphe feint alors de s'inquiéter de la santé d'Emma. Il lui conseille une promenade à cheval. Charles donne son aval. La jeune femme part donc pour une balade à cheval en compagnie de Rodolphe. Ils pénètrent dans une forêt. C'est là qu'Emma se donne à son compagnon. " Elle se répétait : " J'ai un amant ! un amant ! " se délectant à cette idée comme à celle d'une autre puberté qui lui serait survenue. Elle allait donc posséder enfin ces joies de l'amour, cette fièvre du bonheur dont elle avait désespéré." Elle rencontre alors Rodolphe tous les jours, dans la forêt, puis elle n'hésite pas à se rendre jusqu'au château de Rodolphe. Ce dernier commence à trouver ces visites imprudentes.



Un jour, lors d'une de ses escapades matinales, Emma rencontre le percepteur Binet. Elle se montre peu convaincante quant à la justification de cette promenade. Toute la journée, elle s'angoisse des commérages que pourrait colporter Binet. Le soir, elle rencontre à nouveau le percepteur chez Homais, le pharmacien. Binet ne peut s'empêcher de faire allusion à leur rencontre matinale. Heureusement les invités ne réagissent pas. C'est donc le soir, sous la tonnelle de leur jardin, ou par temps de pluie dans le cabinet de consultations de son mari, qu'Emma donne maintenant rendez-vous à son amant. Mais Rodolphe commence à s'ennuyer de cette liaison. A l'approche du printemps, Emma, bien que toujours amoureuse de cet amant, éprouve des remords en lisant une lettre naïve et touchante de son père. Elle dresse un bilan amer de son existence et regrette la candeur de son enfance. Elle redécouvre auprès de sa fille la tendresse maternelle et souhaiterait se rapprocher de son mari.



Homais et Emma ½uvrent auprès de Charles pour le convaincre d'opérer Hippolyte, le garçon d'écurie du Lion d'Or, de son pied-bot. Charles accepte. L'opération semble un succès et Emma éprouve une tendresse admirative pour son mari. Homais montre aux Bovary l'article qu'il a préparé pour le Fanal de Rouen. Malheureusement des complications surviennent vite, et la jambe du malheureux Hippolyte se gangrène. Il faut faire appel au docteur Canivet, célèbre médecin de Neuchâtel. Il doit procéder à l'amputation de la cuisse. Cet échec anéantit les espoirs professionnels de Charles. La déception est également immense pour Mme Bovary qui se sent humiliée d'avoir fondé en vain des espoirs dans son mari. Ses dernières résolutions vertueuses disparaissent : Emma se détache irrémédiablement de Charles et s'abandonne à nouveau dans les bras de Rodolphe.

Emma s'enflamme de nouveau pour son amant. Elle lui suggére même de tout abandonner pour partir ensemble : "Nous irions vivre ailleurs". Elle offre beaucoup de cadeaux à son amant, et dérobe de l'argent à son mari pour payer ses dettes auprès de Lheureux. Elle met ainsi en péril les finances de son couple. Elle n'hésite plus à s'afficher avec son amant dans un attitude provocante : " Par l'effet seul de ses habitudes amoureuses, madame Bovary changea d'allures. Ses regards devinrent plus hardis, ses discours plus libres ; elle eut même l'inconvenance de se promener avec M. Rodolphe, une cigarette à la bouche, comme pour narguer le monde". Rodolphe, lui, n'est pas à la hauteur de cette passion, il se lasse de sa maîtresse et la traite avec peu de ménagement. Il finit pourtant sur insistance d'Emma par accepter de "l'enlever". Leur fuite est prévue pour début septembre. Charles, lui, rêve encore de beaux projets pour son épouse et sa fille. Tout est prêt pour la fuite des amants. Lheureux une nouvelle fois procure le nécessaire : "un grand manteau et une caisse pas trop lourde...". L'avant-veille du départ, les amants ont rendez-vous au clair de lune. Rodolphe le sait déjà : il ne partira pas avec Emma et sa fille.

Rentré chez lui, Rodolphe écrit une longue lettre de rupture à Emma. Dès les premiers mots, la jeune femme comprend. Effondrée, elle s'enfuit au grenier où, dans un vertige, elle songe à se suicider. Redescendue pour le dîner, elle entend passer le tilbury de Rodolphe qui l'emporte loin de Yonville. Elle perd connaissance. "Une fièvre cérébrale" la cloue au lit pendant plus d'un mois. Charles veille en permanence sur elle, guettant les signes d'un rétablissement. Vers la mi-octobre, elle retrouve peu à peu la santé. Mais Charles l'emmène sous la tonnelle. Cette vision du banc, où elle donnait rendez-vous à son amant, provoque une rechute : " Elle eut un étourdissement, et dès le soir, sa maladie recommença, avec une allure plus incertaine, il est vrai, et des caractères plus complexes. Tantôt elle souffrait au coeur, puis dans la poitrine, dans le cerveau, dans les membres ; il lui survint des vomissements où Charles crut apercevoir les premiers symptômes d'un cancer."

Charles s'est beaucoup endetté pour soigner son épouse et aussi pour honorer les achats qu'elle avait réalisés pour sa fuite avec Rodolphe. Lheureux profite de la situation et se montre de plus en plus menaçant. Charles, trop inquiet du fait de l'état de santé d'Emma pour analyser la situation, lui emprunte de l'argent. Durant sa convalescence, madame Bovary reçoit des visites du curé et retrouve provisoirement la foi. Un jour, Homais, le pharmacien, conseille à Charles d'aller à Rouen avec son épouse écouter un opéra de Donizetti. Dès le lendemain, à huit heures, le couple part pour Rouen.

Les Bovary arrivent très tôt à l'opéra. Ils admirent la salle et le décor. Puis la représentation commence. Emma est subjuguée par le ténor Lagardy. Elle se passionne également pour le spectacle et trouve des similitudes entre le destin de Lucie de Lammemoor et le sien. À l'entracte, Charles, va chercher un rafraîchissement pour sa femme, et rencontre Léon. Le clerc vient saluer Emma dans la loge des Bovary. A la fin de la représentation, il emmène les Bovary au café. Là, Charles suggère à sa femme de rester seule un jour de plus à Rouen pour revoir l'opéra.



Troisième Partie

Cela faisait trois ans que Léon et Emma ne s'étaient pas revus. Le lendemain de leur rencontre à l'opéra, Léon se rend à l'Hôtel de la Croix-Rouge où Emma est descendue. Il lui confie tout l'amour qu'il a éprouvé pour elle. Durant une longue conversation, Emma et Léon évoquent Yonville, leurs peines, leurs rêves et leur souvenirs. Emma refuse de s'abandonner aux avances du clerc, mais elle accepte néanmoins de le retrouver le lendemain à la cathédrale. Après le départ de Léon, Emma écrit une lettre pour décliner le rendez-vous mais, ne connaissant pas l'adresse de Léon, décide de la lui remettre elle-même .

Le lendemain, Léon arrive le premier à la cathédrale. Lorsqu'Emma arrive à son tour, elle lui tend la lettre puis va s'agenouiller dans la chapelle de la Vierge. Il s'apprêtent ensuite à quitter la cathédrale, lorsque le Suisse se propose de leur faire visiter le monument. Impatient, Léon abrège la visite. Débarrassé de l'importun, il entraîne Emma hors de la cathédrale et lui propose une promenade en fiacre qui leur fait parcourir à vive allure Rouen et ses environs.



De retour à Yonville, Emma se rend chez Homais. Justin, l'apprenti a commis une faute grave et le pharmacien le sermonne sévèrement : pour faire les confitures, Justin a désobéi et est allé chercher une bassine dans la réserve où le pharmacien stocke l'arsenic. Entre deux reproches à Justin, Homais apprend sans ménagement à Emma que le père de Charles est mort. Madame Bovary est peu affectée par ce deuil, mais feint devant Charles d'éprouver du chagrin. Le lendemain, les Bovary, aidés de Mme Bovary mère, s'affairent pour préparer les obsèques. C'est alors que Lheureux, le marchand d'étoffes, se rend chez les Bovary. Il suggère à Emma d'obtenir une procuration de son mari pour gérer elle-même les revenus du couple. Emma suggère à Charles, qui accepte, de se rendre à Rouen, pour consulter Léon sur cette question.



Emma reste trois jours à Rouen avec son amant. Puis ils décident d'utiliser la nourrice pour échanger leurs correspondances. Mais impatient de revoir sa maîtresse, Léon vient à Yonville. Il dîne au Lion d'Or et rend visite aux Bovary. Les deux amants souhaiteraient se revoir régulièrement. Emma fait la promesse à Léon de venir le voir une fois par semaine. Elle engage également de nouvelles dépenses auprès de Lheureux. Elle réussit à convaincre Charles de lui permettre de se rendre une fois par semaine à Rouen, le jeudi, pour y prendre des leçons de piano.



Chaque jeudi , Emma retrouve Léon et les semaines s'écoulent selon un rite immuable : il y a le lever silencieux d'Emma afin de ne pas réveiller Charles, le départ d'Yonville au petit matin à bord de l'Hirondelle, la route, la ville de Rouen qui s'éveille, la chambre douillette des rendez-vous, puis le retour et la rencontre d'un horrible aveugle, qui lui cause à chaque fois une terrible peur . Rouen devient le symbole du plaisir qu'elle découvre dans les bras de Léon. La passion qu'éprouve Emma pour le jeune homme réveille en elle des désirs de luxe. Elle accumule les dépenses d'habillement.

Elle prend aussi l'habitude de mentir afin de pas dévoiler les motifs réels de ses voyages à Rouen. Mais un jour, Lheureux la découvre au bras de Léon. Il profite de la situation pour la forcer à rembourser ses dettes . Il lui fait vendre la propriété de Barneville dont son mari a hérité. Il lui fait également signer de nouveaux billets d'ordre. Charles, de son côté, en signe lui aussi. La situation financière du couple est de plus en plus dramatique. Madame Bovary mère qu'on a appelé à la rescousse détruit la procuration qui avait été accordée à Emma, ce qui provoque une crise de nerfs de sa belle-fille. Charles ne résiste pas très longtemps et signe rapidement une nouvelle procuration à son épouse. Un soir, Emma reste à Rouen. Charles s'y rend en pleine nuit et ne retrouve sa femme qu'à l'aube. Elle indique alors à Charles que cette liberté lui est indispensable. Dès lors, Emma va à Rouen quand bon lui semble. Léon est de plus en plus subjugué par l'attitude de sa maîtresse. Mais ces visites fréquentes le dérangent dans son travail .





Un jeudi, Homais prend la diligence pour Rouen en même temps qu'Emma. Il est invité par Léon et souhaite mettre à profit ce voyage pour revoir les lieux de sa jeunesse. Le clerc doit subir le bavardage du pharmacien pendant de longues heures. Il ne parvient pas à lui fausser compagnie. Emma, furieuse, quitte l'hôtel où elle l'attend et éprouve beaucoup de mépris pour le manque de courage dont a fait preuve son amant. Cet incident met en lumière les défauts du jeune homme. Dès lors sa passion faiblit. Une menace de saisie l'oblige à trouver de toute urgence de l'argent : elle se fait payer des honoraires de son mari, vend de vieilles choses, emprunte à tout le monde, et engage même un cadeau de noces au mont-de-piété. De son côté Léon, sermonné par son patron et ne souhaitant pas se compromettre au moment de devenir premier clerc, se détache progressivement d'Emma. La jeune femme, elle aussi un peu lasse, n'a pas le courage de le quitter. Un soir, en rentrant à Yonville après une nuit passée au bal masqué de la mi-carême, elle apprend que ses meubles vont être saisis. Lheureux à qui elle rend visite se montre intraitable et cynique.



"Elle fut stoïque, le lendemain, lorsque Maître Hareng, l'huissier, avec deux témoins, se présenta chez elle pour faire le procès-verbal de la saisie". Cette situation la contraint à quémander , par tous les moyens , de l'aide . Dès le dimanche , elle se rend à Rouen, mais les banquiers sont ou à la campagne ou en voyage. Puis elle sollicite Léon qui ne lui fait qu'une vague promesse . De retour à Yonville , elle se rend chez Maître Guillaumin qui à défaut de l'aider lui fait des avances. Emma est outrée et va trouver Binet qui s'esquive. Elle va ensuite chez la mère Rollet et attend , en vain, l'arrivée de Léon. Il ne reste plus que Rodolphe, son premier amant.



"Elle se demandait tout en marchant : " Que vais-je dire ? Par où commencerai-je ? " Et, à mesure qu'elle avançait, elle reconnaissait les buissons, les arbres, les joncs marins sur la colline, le château là-bas. Elle se retrouvait dans les sensations de sa première tendresse, et son pauvre c½ur comprimé s'y dilatait amoureusement. Un vent tiède lui soufflait au visage ; la neige, se fondant, tombait goutte à goutte des bourgeons sur l'herbe." Mais Rodolphe n'a pas ces 3000 francs dont elle a besoin. Désespérée, Emma explose de colère : " Mais, moi, je t'aurais tout donné, j'aurais tout vendu, j'aurais travaillé de mes mains, j'aurais mendié sur les routes, pour un sourire, pour un regard, pour t'entendre dire : " Merci ! " Et tu restes là tranquillement dans ton fauteuil, comme si déjà tu ne m'avais pas fait assez souffrir ? " Elle lui reproche son égoïsme et s'en va, bouleversée :" Elle sortit. Les murs tremblaient, le plafond l'écrasait ; et elle repassa par la longue allée, en trébuchant contre les tas de feuilles mortes que le vent dispersait".

Sur le chemin du retour, elle est victime d'hallucinations. Arrivée à Yonville, elle court chez Homais et force Justin à lui donner les clés de la réserve. Elle avale de l'arsenic, puis rentre chez elle. Elle rédige une lettre et demande à Charles de ne l'ouvrir que le lendemain : "Tu la liras demain ; d'ici là, je t'en prie, ne m'adresse pas une seule question !... Non, pas une !" Puis elle se met au lit. Les premiers symptômes de l'empoisonnement surviennent rapidement. Charles, paniqué, ne sait que faire. Homais propose une analyse. Emma souhaite revoir sa fille . Arrivent ensuite le docteur Canivet puis le docteur Larivière. Il est trop tard pour la sauver. Madame Bovary reçoit l'extrême-onction, puis elle pleure en se regardant dans un miroir. Elle entend au dehors la chanson de l'aveugle rencontré maintes fois lors de ses escapades à Rouen. Puis c'est l'agonie et la mort: " Et Emma se mit à rire, d'un rire atroce, frénétique, désespéré, croyant voir la face hideuse du misérable, qui se dressait dans les ténèbres éternelles comme un épouvantement.

Il souffla bien fort ce jour-là.

Et le jupon court s'envola !

Une convulsion la rabattit sur le matelas. Tous s'approchèrent. Elle n'existait plus. "





Charles est effondré. Il organise avec peine les funérailles. Homais critique ces dispositions, mais Bovary lui répond sèchement : " Est-ce que cela vous regarde ? Laissez-moi ! vous ne l'aimiez pas ! Allez-vous-en !" Lors de la veillée funèbre Homais et l'abbé Bournisien discutent âprement de questions "théologiques", puis ils s'endorment. Arrive au petit matin Mme Bovary mère, puis d'autres visiteurs. Charles souhaite garder d'Emma une mèche de cheveux. La jeune femme est alors mise en bière. Puis c'est l'arrivée du père Rouault à Yonville. Il s'évanouit en voyant les draps noirs.



Les obsèques religieuses ont lieu par une belle journée de printemps. La cérémonie est interminable : " On chantait, on s'agenouillait, on se relevait, cela n'en finissait pas !". Le cortège se rend ensuite au cimetière en empruntant des chemins de campagne. Ce soir-là, Charles veille en pensant à sa femme disparue. Rodolphe et Léon dorment tranquillement. Il en est un autre qui ne trouve pas le sommeil et qui est inconsolable, c'est Justin.



Dès le lendemain, Les affaires d'argent recommencent. Les créanciers se déchaînent sur le pauvre Bovary, mais celui-ci refuse de vendre les meubles ayant appartenu à Emma. " Alors chacun se mit à profiter." : Mademoiselle Lempereur réclame six mois de leçons, Félicité, la bonne, le quitte en emportant la garde-robe d'Emma... Léon se marie. Charles retrouve au grenier la preuve de l'infidélité d'Emma : la lettre de Rodolphe. Il est fou de douleur. Il souhaite pourtant qu'Emma bénéficie d'un superbe monument funéraire. il se fâche définitivement avec sa mère. Un autre jour, il découvre les lettres de Léon, ce qui ne lui laisse plus aucun espoir quant à la fidélité d'Emma. Un jour d'août il rencontre Rodolphe. Il parle volontiers avec lui et ne semble pas lui en vouloir. Il meurt, le lendemain, sur le banc du jardin, sous la tonnelle. Berthe est recueillie par une tante du père Rouault. Il lui faut travailler comme ouvrière dans une filature. Homais, lui, est comblé : "il vient de recevoir la croix d'honneur".
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# Posté le vendredi 01 août 2008 15:14

Gary Romain : La promesse de l'aube : Résumé

Ce livre a été écrit en 1960 par Romain Gary.

Résumé de l'oeuvre:

Dans cette autobiographie rédigée sur le bord de la mer, Romain Gary nous dépeint sa vie, en particulier son amour pour sa mère. Romain élevé dans le fin fond de la Pologne va déménager à Varsovie car sa mère qui avait créé un faux salon de couture française sera finalement ruinée. Romain, dont la mère ne cesse de dépeindre les mérites très exagérés de la France va finalement parvenir à s'installer avec elle à Nice. Ils comptent sur un vieux service de vaisselle qui devait valoir des millions pour s'installer, le service ne vaut rien. La mère de Romain devra alors faire toutes sortes de petits métiers pour s'en sortir, et finira finalement par ouvrir un hôtel. Elle rêve que son fils devienne ambassadeur français. Devenue diabétique sa santé se détériore. Romain doit partir à l'armée et promet de revenir gradé. Il écrit plusieurs livres dont sa mère est très fière. Il va risquer plusieurs fois la mort en tant que pilote et tombera gravement malade, mais guérira. Lorsqu'il reviendra de la guerre, sa mère sera déjà morte depuis trois ans, elle lui avait fait parvenir des "lettres à retardement" par l'intermédiaire d'une amie si bien qu'il ne s'en doutait pas. Il rencontrera plusieurs femmes mais ne se mariera pas.

1) Relevez, identifiez et classez tous les indices qui permettent de parler d'écriture autobiographique.

- Dans ce texte, de nombreux indices nous permettent de deviner qu'il s'agit d'une autobiographie:
Le pronom personnel "Je": omniprésence de la première personne du singulier tout au long du texte (1 ou 2 fois à chaque phrase).
De plus, le pronom personnel possessif "mon", présent dans le dernier paragraphe.
Aussi, les pronoms personnels compléments avec "me" (surtout dans le premier paragraphe) et "moi" (dans le dernier). Un autre pronom complément, "ma", présent dans le premier paragraphe, fait référence et désigne la mère de l'auteur.
Puis, des verbes d'opinion: 1er paragraphe ligne 1 "Je sentis". Beaucoup de verbes d'actions: 1er paragraphe ligne 5 "Je m'attelai", 2ème ligne 8 "Je plaçai", ligne 13 "J'écrivais" etc...

2) Repérez et classez les termes qui évoquent l'écriture dans les deux premiers paragraphes et récapitulez les étapes de la réalisation d'une oeuvre telles quelles sont décrites ici par le narrateur.

Termes évoquant l'écriture:
- Premier paragraphe -> "le chef-d'oeuvre immortel" ligne 2, "écrire" ligne 1 et "la besogne" ligne 5.
- Second paragraphe -> "trois mille feuilles de papier blanc" ligne 8, "pseudonyme" ligne 13, "oeuvres" ligne 14, "le volume" ligne 15 et "les éditeurs" ligne 14.

Les étapes de la réalisation d'une oeuvre:
1) Ecrire le plus rapidement possible (= dans un lapse de temps) tout en étant efficace pour être considéré comme un grand artiste.
2) Se débarasser de tous les désagréments qui seraient succeptibles de pertuber notre travail.
3) Rassembler les matériaux nécessaires à la réalisation du projet (Pour Romain Gary, ce sont surtout et principalement ces "trois mille feuilles de papier blanc").
4) Savoir réfléchir au nom sous lequel on souhaiterait apparaitre dans le livre (Romain Gary n'hésite pas à changer de pseudonyme pour que les éditeurs "accrochent").
5) Essayer de convaincre et de persuader les différents éditeurs pour que ceux-ci lancent le nouveau livre -> c'est le principal but pour le nouvel écrivain. En effet, cela lui permettrait d'avoir une certaine notoriété une fois l'éditeur trouvé.

3) En prenant appui sur certaines figures et sur le choix de certains termes, dîtes dans quel registre se trouvent rapportés les ambitions et les premiers essais du jeune auteur. Qui parle? L'adolescent ou l'adulte? A quoi le voyez-vous?

- Vers la fin du second paragraphe, le registre pathétique est mis en évidence par l'expression "crevais de faim" à la ligne 18 -> elle-ci s'oppose aux "superbes" que nous décrit l'auteur. Elle s'oppose aussi à la capitale, mentionnée juste après l'expression.
- Au début, on a affaire à un registre laudatif: l'auteur n'hésite pas à se valoriser -> superlatifs comme "le plus jeune" ligne 2 + images hyperboliques comme "de tous les temps" et "trois mille feuilles de papier blanc" ligne 8. A travers ce registre, le registre dialectique domine puisque l'auteur nous fait part de la façon dont il s'y prend et enseigne en quelquesorte le lecteur.
- On peut reconnaitre à travers ces termes un adolescent un peu hystérique à l'idée d'accomplir un vrai travail et d'être célèbre. On peut penser que l'on a affaire à un jeune homme qui n'a pas forcément les pieds sur terre. "lycée" ligne 6 et "avec l'accord de ma mère" nous prouve que nous sommes bien dans l'univers d'un adolescent.
- C'est donc l'adulte qui écrit et nous fait revivre ses premiers objectifs, tout en gardant le langage qu'il avait à l'époque.

4) Le dernier paragraphe est-il écrit dans les mêmes registres que les précédents? Quel rôle joue t-il par rapport au récit? Déterminez à partir de ce paragraphe quelles sont pour Romain Gary les raisons d'écrire.

Le dernier paragraphe est différent des précédents:
- d'une part par celui qui parle -> cette fois-ci, nous avons affaire à un homme mûre qui a su tirer les leçons de ses débuts un peu laborieux. On a l'impression, en lisant les premières lignes de ce troisième paragraphe, que ce que l'on a parcouru précédemment était un retour en arrière de la vie de l'auteur.
- cette fois-ci, c'est le registre didactique qui domine puisque l'auteur fait par au lecteur de ce qu'il a ressenti et espère ainsi que d'autres suivront son exemple et s'inspireront de son parcours (avoir les mêmes réflexions etc...).
- on peut aussi voir que c'est un adulte qui parle avec des termes et expressions comme "à cette époque" et "naïvetés" ligne 24 et ligne 29 "dans ma tendresse de fils", autrement dit, guidé par des personnes proches de son entourage.

Pour Romain Gary, il s'agit bien entendu de sa mère qu'il voulait satisfaire en se surpassant dans l'écriture.

Les principales raisons d'écrire pour l'écrivain:
1) Se faire une place dans la société -> ligne 32 "échapper à l'intolérance".
2) Réaliser ses rêves de jeunesse: ici, l'auteur avait principalement pour objectif de réaliser le rêve de sa mère. On peut donc penser qu'il a écrit ce livre autobiographique pour rendre hommage à sa mère et lui prouver qu'il a réalisé sa promesse, à savoir accomplis le travail de sa vie, qui était pour sa mère le plus beau cadeau que son fils puisse lui faire.

Romain Gary a donc tenu la promesse de son adolescence, d'ou le titre de son oeuvre, La Promesse de l'aube.
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# Posté le vendredi 01 août 2008 15:16

Genet : Les Bonnes : Fiche de lecture et Résumé

Jean Genet est né de père inconnu, et abandonné par sa mère. Donc cet auteur n'a pas de racines et personne à qui se référer. Ainsi, dans Les Bonnes, les deux femmes se créent une référence absolue sous le nom de "Madame". Sans Madame, les Bonnes n'existeraient pas.

L'auteur est confié à des paysans, de la même façon que les Bonnes sont au service de Madame. Jean Genet ne possède rien. Il va donc voler, non parce qu'il en a besoin, mais pour s'affirmer libre. De la même façon, les Bonnes volent à Madame de petits objets mais surtout son apparence, son attitude, son langage, et jusqu'à sa mort.

ce jeu où la jouissance concrète est dépassée vers la jouissance métaphysique, c'est le jeu du théâtre même. Le vol est sanctifié. il est la condition de l'être. Mais il est socialement réprimé et donc Genet connaîtra le bagne d'enfants. La répression commence par la découverte du coupable : autrui est un regard indiscret et impitoyable. C'est le regard même du spectateur de théâtre, le regard qui condamne et baptise : "tu es un voleur". Cette condamnation à la fois injuste et irréfutable poussera Genet à devenir ce que l'on a dit qu'il était. Au lieu de protester ou de renoncer, il revendique et aggrave le mal. Il se situe donc délibérément sous le regard d'autrui. Comme les Bonnes, il se veut un personnage de théâtre. Cette inversion provocante des valeurs qui va de pair avec l'inversion sexuelle de Genet trouve ses limites qui sont la folie et la mort. Le salut viendra de l'écriture. Genet ne va pas écrire pour se racheter mais pour, au contraire, se confirmer et contaminer l'esprit du lecteur.

Les Bonnes est basé sur un fait divers réel : le crime des soeurs Papin. En 1933, Christine et Léa Papin, âgées de 28 et 21 ans, sont depuis 7 ans au service d'une famille bourgeoise du Mans où elles donnent tout satisfaction. En février, elles assassinent leurs patronnes, avec sauvagerie, leur arrachant les yeux, leur tailladant les cuisses et les fesses, puis aspergeant chaque victime du sang del'autre. Après quoi elles lavent les armes du crime ( un marteau, un couteau à découper et un pichet d'étain ). Elles se lavent elles-mêmes et se couchent dans le même lit. Ce crime a fasciné les auteurs surréalistes. Instruments et martyres, les deux soeurs s'aimaient d'un amour incestueux. En 1947, dans Les Bonnes, Genet ne prend en compte ni l'aspect social ni la folie explosive du meurtre. Les Bonnes sont le contraire d'un mélodrame sanglant. C'est un rite cérébral qui débouche sur le mythe et rejoint la tragédie. Madame ne meurt pas. Ce sont les Bonnes qui s'auto-détruisent. Donc Genet détourne le fait divers et le retourne comme un gant. Chaque agression contre Madame est fantasmée ou avortée, et si elle devait mourir ce serait par le poison, la strangulation ou l'asphyxie, comme chez Racine. Genet a inventé le personnage de "Monsieur" et leur dénonciation à la police. Ainsi, Madame ayant rendez-vous avec lui, elle échappe au poison que les Bonnes lui ont préparé. Genet a par contre conservé l'homosexualité incestueuse des Bonnes. Dans la préface, Genet écrit : "Tous les soirs elles se masturbent et déchargent en vrac l'une dans l'autre leur haine l'une contre l'autre." C'est un rituel sadique que méritent masochistes aussi. les soeurs haïssent Madame mais elles s'entre-déchirent tout autant et Claire a peur de Solange. L'unité d'action des Bonnes se résume d'un mot : "tuer Madame". Dans la première partie de la pièce, les deux soeurs jouent à mimer ce meurtre qu'elles n'ont pu accomplir dans la réalité. Dans la seconde partie, nouvel échec. Madame refuse de boire le tilleul empoisonné. Dans la dernière partie, c'est Claire qui, dans le rôle de Madame, boit le poison. de façon symbolique, Madame est morte, mais concrètement elle est vivante. Il y a donc du clacissisme dans cette composition. C'est à dire : Solange est incapable d'étrangler Madame, Claire est incapable de l'empoisonner et Claire force Solange à lui administrer le breuvage mortel. Le clacissisme est renforcé par la construction en trois parties. Ces trois parties peuvent se subdiviser en cinq parties :

* la première : du début de la pièce à la sonnerie du réveil qui ramène les Bonnes à la réalité après le jeu rituel

* La deuxième : de la sonnerie du réveil à celle du téléphone qui signifie aux Bonnes que leur machination a échoué.

* La troisième : de la sonnerie du téléphone à l'arrivée de Madame : préparation du meurtre

* la quatrième : de l'arrivée de Madame à son départ, avec le désespoir de Madame car Monsieur est en prison, se renonciation avec le "je vous donne tout", puis un renversement radical : Monsieur est libéré, Madame s'échappe, triomphante.

* La cinquième : du départ de Madame à la fin de la pièce : Claire met en scène la catastrophe qui sera l'apothéose des Bonnes
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# Posté le vendredi 01 août 2008 15:17

Giraudoux : La guerre de Troie n'aura pas lieu : Fiche de lecture et résumé

Résumé La guerre de Troie n'aura pas lieu

Drame en deux actes écrit par Jean Giraudoux, créé en 1935.

L'auteur cherche à déchiffrer les motivations fratricides de la Seconde Guerre mondiale, comme un avertissement. Il y met en relief le cynisme des politiques ainsi que leur manipulation des symboles et de la notion de droit. La pièce met en lumière le pacifisme de Giraudoux qui avait vaillamment combattu en France et aux Dardanelles. Mais aussi sa lucidité devant « deux bêtises, celle des hommes et celle des éléments » (I,1).

Acte I
«La guerre de Troie n'aura pas lieu, Cassandre!» affirme Andromaque, femme d'Hector, à la prophétesse alors qu'elles attendent sur les remparts de Troie le retour d'Hector et de l'armée victorieuse de la dernière guerre. En effet, Pâris, frère d'Hector et fils du roi Priam, est revenu de Grèce en ramenant dans ses bagages la belle Hélène, épouse légitime du roi de Sparte Ménélas, ce qui, on s'en doute, constitue un incident diplomatique de première grandeur, et les Grecs indignés vont venir en réclamer la restitution. La pessimiste Cassandre prédit, elle, que la guerre aura bien lieu.

Hector arrive. C'est un héros, mais un héros fatigué : «Tous ceux des Troyens qui ont fait et peuvent faire la guerre ne veulent pas la guerre». Il se fait fort d'obliger Pâris à renoncer à Hélène. Mais Pâris, loin d'obéir à son grand frère («Ce que tu es frère aîné!»), lui répond que seul Priam décidera. Justement, le voilà, entouré de vieillards mais aussi du poète Démokos et du Géomètre : tous affirment qu'Hélène (pour des raisons différentes) est devenue leur raison de vivre; seules les femmes, Hécube (l'épouse de Priam), Andromaque et Polyxène (la petite dernière) verraient avec plaisir Hélène rendue aux Grecs.

Hector exige de voir Hélène pour connaître son avis et la convaincre : Hélène est au moins aussi stupide que belle, elle n'a d'autre avis que celui de l'homme qui lui parle (à ce moment, c'est Hector) et est prête à faire tout ce qu'on voudra, donc, puisqu'Hector le veut, à retourner en Grèce, du moins est-ce qu'Hector croit comprendre. Mais dès qu'il annonce son triomphe à Cassandre, Hélène dément cette interprétation : entrevoyant l'avenir, elle annonce qu'elle va rester à Troie et toutes ses visions semblent correspondre aux pires catastrophes envisageables. On annonce l'arrivée des Grecs, Hector doit aller les accueillir, laissant Hélène et Cassandre comparer leurs visions. La Paix leur apparaît, bien faible, puis s'efface.

Acte II
Dans un jardin du palais donnant sur les Portes de la Guerre (grandes ouvertes, ce qui signifie que la cité est en guerre : Giraudoux transfère à Troie les fameuses portes du temple de Janus à Rome, il aime ce genre de fantaisie anti-historique et les anachronismes facétieux) et la plage, Hélène s'amuse à taquiner le jeune Troïlus. Puis Démokos, poète mais aussi chef du sénat, vient la voir pour trouver l'inspiration de vers à sa gloire. Le Géomètre et des vieillards les rejoignent et entreprennent d'organiser la guerre car ils se méfient des militaires : «Braves devant l'ennemi, lâches devant la guerre, c'est la devise des vrais généraux». Aussi décident-ils de composer un chant de guerre et de préparer des insultes à jeter à l'ennemi car «les armées doivent partager les haines des civils». Pâris lui-même trouve qu'ils en font un peu trop. Alors que les Portes sont prêtes à être fermées, survient Priam qui hésite à démobiliser les esprits, ne fût-ce qu'une minute.

Démokos fait alors intervenir le juriste international Busiris dont l'avis «sera demain celui de toutes les nations». Busiris énumère quelques insignifiances commises par les Grecs approchant Troie dans lesquelles on doit voir, grâce aux lois qu'il a fait adopter par tous les peuples, des outrages intolérables; certes, les cités qui ont suivi ses jugements ont été anéanties, mais les principes sont saufs, c'est ce qui compte : «Mon paragraphe subsiste». Peu importe d'ailleurs qu'un des Grecs débarqués, Oïax, soit en train d'approcher Troie en «semant le scandale et la provocation, et criant qu'il veut tuer Pâris» car «au point de vue international, ce manquement est négligeable. C'est un manquement qui n'a pas été fait dans les formes». Mais Hector, estimant «que le droit est la plus puissante des écoles de l'imagination» et que «jamais poète n'a interprété la nature aussi librement qu'un juriste la réalité», lui demande de réinterpréter l'attitude des Grecs. Busiris est indigné : «C'est contre ma conscience. [...] - Il y va de la vie de deux peuples. Aide-nous. - Je ne peux vous donner qu'une aide, la vérité.», soutenu par Démokos et tous les assistants. Cependant, quand Hector lui annonce qu'il va le boucler à Troie pour toute la durée de la guerre, Busiris accepte de soumettre «la question à [son] examen le plus impartial» : «Évidemment, il y a des recours.». De fait, les outrages des Grecs deviennent des hommages, au grand dam de Démokos : «Cela devient impossible de discuter l'honneur avec ses anciens combattants. Ils abusent vraiment du fait qu'on ne peut les traiter de lâches».

Hector prononce, après s'être fait prier, un discours aux morts imprégné de pacifisme et on ferme les portes. On annonce l'arrivée des ambassadeurs grecs et la petite Polyxène convainc Hélène de retourner en Grèce puis, paradoxalement, lui demande de rester. Andromaque essaye de raisonner Hélène mais celle-ci se révèle beaucoup plus dure que prévu et tient tête avec avantage.

Le premier Grec arrivant à Hector est le brutal Oïax. Il insulte le chef troyen et même le gifle, ce qu'Hector endure patiemment. Démokos, surgissant à ce moment, devine ce qui s'est passé (Oïax s'en vante) mais ne réussit qu'à se faire gifler par Oïax puis par Hector. Les autres Grecs se présentent devant Hector, menés par Ulysse qui énonce l'ultimatum : «Qu'Hélène nous soit donc rendue dans l'heure même. Ou c'est la guerre». Hector annonce qu'il est prêt à rendre Hélène, ce qui calme instantanément Oïax (qui s'est pris d'estime pour Hector depuis sa gifle à Démokos) mais c'est Ulysse qui commence à pinailler sous prétexte du tort causé à la réputation de Ménélas : «Un mari est subtil quand un scandale mondial l'a averti». Ulysse s'amuse à obliger Hélène, Paris et Hector à soutenir que rien d'inconvenant ne s'est passé, contre toute vraisemblance, ce qui fait enrager les bellicistes troyens. Au moment où les choses vont mal tourner, Iris, la messagère des dieux, vient donner l'avis de ceux qui se sentent concernés par l'affaire : Aphrodite, la déesse de l'amour, fait savoir qu'il y aura la guerre si on sépare Hélène de Paris; Pallas, la déesse du foyer conjugal, promet qu'il y aura la guerre si on ne sépare pas Hélène de Pâris. Priam en appelle à Zeus qui ordonne de laisser discuter Hector et Ulysse «pour que l'on sépare Hélène et Pâris tout en ne les séparant pas» : «que ceux-là s'arrangent pour qu'il n'y ait pas la guerre. Ou alors [...] il y aura la guerre».

C'est donc à Hector et Ulysse de décider du destin. Ulysse n'est pas un belliciste enragé, mais d'une part il est relativement pessimiste («l'univers le sait, nous allons nous battre.») et, d'autre part, il n'ignore pas que les Grecs ont d'autres motifs qu'Hélène pour attaquer l'opulente Troie : «Il n'est pas trop prudent d'avoir des dieux et des légumes trop dorés». Hector proteste, Troie n'a rien fait pour mériter ça; à quoi le cynique Ulysse répond par une phrase d'une grande portée historique : «Ce n'est pas par des crimes qu'un peuple se met en situation fausse avec son destin, mais par des fautes». Hector est désespéré et accepte la guerre mais Ulysse décide malgré tout de servir la paix : il va regagner son bateau avec Hélène et se fait fort de convaincre Ménélas et donc tous les Grecs.

Pendant qu'Ulysse marche vers son bateau, Oïax arrive, complètement ivre (il fêtait déjà la réconciliation), et importune Andromaque mais finit par se retirer pour rejoindre Ulysse. Surgit Démokos, qui a appris la capitulation d'Hector et veut ameuter le peuple. Pour éviter l'incident, Hector le transperce de sa lance mais, dans un dernier effort, Démokos proclame qu'il meurt frappé par Oïax. Le peuple furieux rattrape Oïax et le tue. Cassandre ne peut que constater : «Le poète troyen est mort... La parole est au poète grec». Quant à la guerre de Troie, «Elle aura lieu» et les Portes de la Guerre s'ouvrent.
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# Posté le vendredi 01 août 2008 15:17

Hugo : Hernani : Résumé

Acte I Le roi

Le roi d'Espagne Don Carlos s'introduit la nuit dans la chambre de Dona Sol dont il est secrètement amoureux. Caché derrière une armoire, il assiste à la rencontre entre Dona Sol et Hernani, un banni. Hernani, fils d'un homme décapité sur ordre du père de Don Carlos, s'est promis de venger son père. Dona Sol aime Hernani mais on l'a fiancée à son oncle, Don Ruy Gomez de Silva.

Don Carlos sort de sa cachette et les deux rivaux s'apprêtent à croiser le fer. Mais le vieux duc frappe à la porte. Don Ruy Gomez de Silva s'indigne en voyant deux hommes chez sa nièce. Mais l'inconnu découvre son visage et se présente. Le roi justifie sa présence et fait passer Hernani pour quelqu'un de sa suite. Il indique que l'heure est grave, l'empereur Maximilien, son aïeul venant de mourir. Il vient consulter Don Ruy Gomez de Silva, son fidèle sujet, et écouter ses conseils. Doit-il se porter candidat au trône du Saint-Empire ? Resté seul, Hernani qui a retrouvé l'assassin de son père exprime sa haine et médite sa vengeance.




Acte II Le bandit


Le lendemain, à minuit. Don Carlos se rend sous la fenêtre de doña Sol. Il souhaite enlever la jeune fille avant Hernani, dont il connaît maintenant l'identité. Trompée par l'obscurité, doña Sol le rejoint. C'est alors que surgit Hernani. Il propose un duel au roi, qui refuse avec beaucoup de mépris. Cette fois c'est Hernani qui a l'avantage. Grand seigneur, il laisse la vie sauve au roi et lui donne son manteau pour qu'il puisse traverser sans dommage, sa troupe de bandits.

Restés seuls, Hernani et doña Sol échangent quelques mots d'amour. Mais l'armée du roi est déjà à sa poursuite. Hernani quitte doña Sol et part rejoindre sa troupe.




Acte III Le vieillard

Le vieux duc Don Ruy Gomez de Silva va épouser doña Sol, sa jeune nièce. On prépare le mariage. Don Ruy Gomez de Silva savoure son bonheur , d'autant qu'on lui apprend la mort probable d'Hernani. Le jour des noces, un pèlerin frappe à la porte du château de Da Silva.

Découvrant doña Sol en tenue de mariée, le pèlerin déchire son habit et déclare son identité : « je suis Hernani ».

La tête d'Hernani est mise à prix , mais la loi de l'hospitalité étant sacrée, Don Ruy Gomez de Silva fait barricader le château et décide de protéger Hernani.

Hernani et doña Sol restent seuls et dissipent tout malentendu. La jeune femme lui montre le poignard qu'elle a dérobé au roi. Hernani et doña Sol échangent des mots d'amour et s'enlacent. C'est alors que surgit Don Ruy Gomez qui a des mots très durs sur l'attitude d'Hernani mais au nom de l'honneur, il se refuse toujours à trahir son hôte. C'est alors que les trompettes annoncent l'arrivée du roi. Don Ruy Gomez cache Hernani .

Le roi pénètre dans le château et est furieux d'apprendre que Don Ruy Gomez cache ce scélérat d'Hernani. Il lui propose le choix : où il accepte de livrer Hernani ou il fera prisonnière doña Sol . Le duc hésite , mais finalement refuse de livrer Hernani. Il assiste impuissant à l'enlèvement de doña Sol. Après son départ Don Ruy Gomez et Hernani complotent pour tuer le roi. Hernani offre son bras et sa vie à Don Ruy Gomez.




Acte IV Le tombeau


Aix La Chapelle, dans les caveaux qui renferment le tombeau de Charlemagne. Don Carlos apprend qu'on prépare un complot contre lui. Il se retire seul dans le tombeau de Charlemagne et réfléchit à son futur rôle d'empereur. Les conjurés arrivent dans le tombeau et n'aperçoivent pas Don Carlos qui se cache. Ils tirent au sort celui qui sera chargé d'assassiner le roi d'Espagne. Don Carlos sort de sa cachette et confond les conjurés. Il ordonne d'arrêter les coupables. C'est alors qu'Hernani révèle sa véritable identité : Il est Jean d'Aragon, fils d'un grand d'Espagne assassiné. Don Carlos se montre intraitable vis à vis des conjurés. C'est alors qu'intervient doña Sol qui supplie le monarque. Le roi se montre sensible à cette démarche : il souhaite inaugurer son règne par une mesure de clémence. Il pardonne à tous les conjurés et permet à doña Sol d'épouser Hernani, Jean d'Aragon.


Acte V La noce


Le palais de Jean d'Aragon. On y célèbre les noces de Jean d'Aragon et de doña Sol. Alors que la fête s'achève on entend le son d'un cor. Un homme masqué répète à Hernani la promesse que celui-ci avait faite à Don Ruy Gomez. Doña Sol apparaît. Elle supplie Don Ruy Gomez qui ne veut rien entendre. Elle arrache la fiole de poison que le duc a donné à Hernani et en boit la moitié. Hernani achève la fiole et les deux amants meurent dans les bras l'un de l'autre. Don Ruy Gomez se poignarde sur leurs cadavres.

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# Posté le vendredi 01 août 2008 15:23