Hugo : résumé : Ruy Blas2

Résumé de la pièce
Acte I

Un salon dans le palais du roi à Madrid. Don Salluste de Bazan médite sur la disgrâce dont il est victime. Il vient d'être exilé de la cour, par la reine, doña Maria de Neubourg, en raison d'un enfant illégitime qu'il a eu avec une des suivantes de la reine. Il médite sa vengeance.

Il espère trouver en son cousin don César, jeune seigneur dévoyé, l'allié et l'instrument de sa vengeance. Mais don César, dans un sursaut d'honneur, refuse de prêter la main à ce complot.

Ruy Blas, valet de Don Salluste , resté seul avec Don César lui avoue son amour insensé pour la reine. Don Salluste, qui a tout entendu, a désormais son stratagème : il fait enlever don César et le fait vendre aux corsaires d'Afrique. Il lui substitue Ruy Blas, à qui il fait écrire deux lettres : une invitation pressante à une dame aimée, et la reconnaissance par Ruy Blas qu'il est son valet. Puis il ordonne à Ruy Blas de séduire la reine et de devenir son amant.


Acte II

Un salon proche de la chambre de la reine. Délaissée par son époux, le roi Charles II, et prisonnière de l'étiquette despotique espagnole, la reine s'ennuie loin de son Allemagne natale. Elle rêve à l'inconnu qui chaque nuit lui dépose un bouquet de fleurs et qui a osé y joindre une lettre d'amour. Entre Ruy Blas, transformé en écuyer, qui lui apporte un billet laconique dicté par le roi. Avec émotion, la reine reconnaît en lui l'auteur de la lettre d'amour.

Don Guritan, vieil aristocrate épris de la reine, devine cette idylle naissante et provoque Ruy Blas en duel. Pour le sauver, la reine exige que le vieil aristocrate jaloux parte sans délai pour Neubourg, en Allemagne, avec mission de remettre à son père un précieux coffret.


Acte III

La salle de gouvernement du palais royal. En 6 mois, Ruy Blas ( qui porte toujours le nom de Don César) a fait une prodigieuse ascension politique. Il est comblé de titres et est devenu premier ministre. Ses succès provoquent la jalousie des grands du royaume et sa vie privée, très secrète, leur curiosité malveillante. Au conseil du gouvernement, Ruy Blas surprend les transactions infâmes des ministres et les fustige d'une tirade méprisante : « Bon appétit, messieurs ! ». La reine, cachée dans un cabinet dérobé, a tout entendu. Elle avoue à Ruy Blas son admiration et son amour. Ruy Blas, ivre de bonheur et d'orgueil, savoure cette déclaration. C'est alors que surgit Don Salluste, déguisé en valet. Il humilie Ruy Blas, lui rappelant qu'il n'est que son valet et aussi l'auteur d'une lettre où il reconnaît la bassesse de sa condition. Don Salluste ordonne à Ruy Blas de se rendre dans une maison secrète pour y attendre ses ordres. S'il refuse, sa liaison avec la reine sera rendue publique.


Actes IV

Une petite chambre dans la mystérieuse demeure où s'est rendu Ruy Blas. Après avoir envoyé un page afin d'avertir la reine de ne pas quitter son palais, Ruy Blas quitte la maison secrète de don Salluste pour aller demander aide à Dieu.

Dans la maison, un homme tombe par la cheminée . Il s'agit de Don César, qui tout en se restaurant raconte ses aventures. Un laquais lui apporte mystérieusement une sacoche pleine d'argent. Cet argent est en fait destiné à Ruy Blas ( le faux Don César). Une duègne vient lui confirmer le rendez-vous avec la reine . Ce rendez-vous a en fait été organisé par Don Salluste . Don Guritan surgit avec deux épées en vue de son duel différé avec Ruy Blas. Don César le tue.

Arrive Don Salluste. Don César lui apprend qu'il a tué Don Guritan et qu'il a rendez-vous avec la reine. Voyant ses plans compromis, Don Salluste réussit à faire arrêter Don César en le faisant passer pour le célèbre voleur Matalobos.


Actes V

La même chambre la nuit. Ruy Blas, persuadé qu'il a réussi a avertir la reine du danger et à la sauver, veut s'empoisonner. Mais doña Maria, appelée par une autre lettre dictée à Ruy Blas par don Salluste, est prise au piège. Elle apparaît. Don Salluste savoure sa vengeance. Il met en demeure la reine de choisir entre le scandale ou l'abdication et la fuite avec Ruy Blas. La reine est prête à abdiquer , lorsque Ruy Blas, déchiré, éperdu, l'arrête et confesse son véritable nom et son état. Révolté, il tue Don Salluste de son épée, boit le poison et meurt dans les bras de la reine. Doña Maria lui crie son pardon et l'appelle de son nom , Ruy Blas.

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# Posté le vendredi 01 août 2008 16:00

Jean Giraudoux : Ondine : Acte I Acte II Acte III résummé détaillé

Contexte

Giraudoux a commencé à travailler sur cette pièce en 1937 et l'a terminée en 1938.

Giraudoux s'est inspiré d'un conte allemand de Fréderic de la Motte-Fouqué, Undine (1811)

Cette pièce en trois actes a été créée au théâtre de l'Athénée le 4 mai 1939 dans une mise en scène de Louis Jouvet. Elle connut dès sa sortie un grand succès tant auprès du public que de la critique. Lors de sa sortie, elle ne fut jouée que soixante huit fois ( du 4 mai au 30 juin 1939) , en raison de la guerre.

Cette pièce fut reprise ensuite et ce fut la pièce de Giraudoux la plus jouée par la troupe de Jouvet.

En 1974 Isabelle Adjani fut une éblouissante Ondine. "Elle rendit à l'½uvre sa dimension originelle de pièce tendre, gracieuse et fragile".



Résumé de l'½uvre

Acte I

Le vieux pêcheur Auguste et sa femme Eugénie sont inquiets. Ondine n'est pas encore rentrée dans leur humble cabane.

Survient le chevalier errant Hans von Wittenstein zu Wittenstein qui évoque son futur mariage avec Bertha . Apparaît alors la jeune Ondine, créature fascinante qui commande aux éléments. Elle incarne la beauté et la candeur, la douceur et la révolte. Elle jette par la fenêtre la truite au bleu que le chevalier s'apprêtait à déguster. Puis elle s'enfuit . Auguste et Eugénie se confondent en excuses. Ils vont chercher du jambon pour offrir à leur hôte. Ondine réapparaît. Entre les deux jeunes gens, c'est le coup de foudre.

Ondine déclare son amour à Hans qui, étonnamment, n'émet aucune résistance. De retour, Auguste et Eugénie évoquent Bertha. Furieuse , Ondine quitte une nouvelle fois la scène en maudissant l'hypocrisie humaine.

Le pêcheur et sa femme révèlent alors à Hans la vraie nature d'Ondine. Ce n'est pas leur enfant, elle est la fille du lac : elle commande aux éléments et possède de grandes forces. Malgré les avertissements d'Auguste, le chevalier est prêt à renoncer à la comtesse Bertha, sa fiancée, et affirme son intention d'épouser Ondine. Hans et Ondine échangent leurs promesses, le Roi des Ondins prévient celle-ci : "Tu acceptes le pacte s'il te trompe, honte du lac !" . Ondine est si sûre de son amour et de son fiancé qu'elle passe outre la mise en garde de son oncle.



Acte II

"Après trois mois de lune de miel", une cérémonie est organisée pour présenter Ondine à la cour. Un illusionniste présente un spectacle mettant en scène Ondine, Hans et Bertha. Le chambellan entreprend d'éduquer Ondine au langage de la cour et ne réussit à obtenir d'elle que des témoignages de franchise qui lui assurent la sympathie amusée du poète et de Bertram mais agacent Hans. Ondine reconnait le roi des Ondins sous le déguisement de l'illusionniste et lui demande de faire en sorte qu'elle ne devine plus ce que les autres pensent. Puis Ondine est présentée au roi. Elle manifeste une franchise naïve qui exaspère le chevalier et irrite Bertha. Cette dernière n'a qu'un objectif, reconquérir Hans.

Ondine reste seule avec la reine Yseult . Elle révèle à la reine la vraie nature du pacte scellé avec le roi des Ondins : si Hans la trompe, alors il mourra. Elle expose ensuite à Yseult son projet d'inviter Bertha chez eux afin que, près d'elle, Hans ne la désire plus dans ses pensées. La reine est émue par la générosité d'Ondine et salue "la leçon d'amour" . Mais Bertha , orgueilleuse, se moque des origines d'Ondine . Blessée, Ondine finit par révéler que Bertha n'est autre que la fille des pêcheurs Auguste et Eugénie. De colère, Bertha renie ses parents. En raison de son attitude, elle est exilée de la cour. Généreuse, Ondine lui propose de l'inviter auprès d'elle et d'Hans dans leur château.

Acte III

Six mois plus tard, tout est bouleversé au château. Les domestiques s'affairent pour préparer le mariage d'Hans et Bertha. Ondine, elle, a disparu depuis six mois. Hans est amer. Le monde bruisse d'une rumeur selon laquelle Ondine l'aurait trompé avec Bertram. Hans est également très inquiet . Les serviteurs se mettent à parler en alexandrins. Ceci est signe de malheur chez les Wittenstein. Deux pêcheurs viennent annoncer l'arrestation d'Ondine et la tenue immédiate de son procès. Les juges éprouvent des difficultés à instruire le procès. Déguisé en homme du peuple, le roi des Ondins parvient à faire éclater la vérité . Il réussit à révèler le généreux mensonge d'Ondine et l'intensité de son amour pour Hans. Ondine reste seule le roi des Ondins et le supplie de ne pas tuer Hans. Mais celui-ci avoue son impuissance : Hans mourra. Hans se rend compte trop tard de cet immense amour qu'elle éprouve pour lui. Vient la scène des adieux : Ondine sait qu'à l'instant de la mort de Hans , elle va perdre la mémoire. Elle raconte à Hans comment "elle a inlassablement appris le chemin des hommes pour ne plus jamais l'oublier". La mort vient prendre Hans. Rappelée aussitôt au royaume des ondins, Ondine émet un regret devant son corps qu'elle ne reconnaît pas : "Comme c'est dommage! comme je l'aurais aimé!"
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# Posté le vendredi 01 août 2008 16:02

Joseph Kessel : le lion : Résumé

Résumé du Lion de Joseph Kessel

Au pied du Kilimandjaro , le narrateur séjourne dans une réserve naturelle du Kenya administrée par John Bullit. Le directeur de la réserve y vit avec Sybil, son épouse et Patricia leur fille de 10 Ans.

Le narrateur est fasciné par les immenses paysages de l'Afrique orientale. Il se prend également de sympathie pour Patricia, la jeune fille, qui vit entourée des animaux de la réserve administrée par son père. Sybil, la mère de Patricia , est , elle, terrorisée de voir sa fille vivre comme une sauvageonne parmi ces animaux sauvages.



Patricia est très proche de King, un jeune lionceau qu'elle a recueilli et nourri quant il était tout petit. King est maintenant devenu un fauve impressionnant mais Patricia continue de jouer avec lui sans prendre gare à sa puissance .



Des Masaï vivent aux abords de la réserve, et Oriounga, un jeune guerrier, est séduit par le pouvoir que la jeune fille exerce sur le fauve. Lui n'a qu'un rêve : affronter un lion. En effet, chez les Masaï, pour devenir un homme, il faut vaincre un lion en combat singulier, et le tuer.

Oriounga vient affronter le lion et se fait dévorer par lui. Le père de Patricia, ex-chasseur, violant la promesse faite à sa fille, est obligé d'abattre King. Patricia quitte, désespérée, le paradis de son enfance et part avec le narrateur pour une pension de Nairobi.
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# Posté le vendredi 01 août 2008 16:02

La Rochefoucauld : Les Maximes : Résumé

Les Maximes :

1. Les thèmes et le système :

" Quoiqu'il n'y ait presque qu'une vérité dans ce livre, qui est que l'amour-propre est le mobile de tout, cependant cette pensée se présente sous tant d'aspects variés qu'elle est presque toujours piquante. " Voltaire, à propos des Maximes de La Rochefoucauld, dans Le Siècle de Louis XIV.



L'idée selon laquelle il n'est question que d'amour-propre dans les Maximes de La Rochefoucauld est très répandue. Effectivement, l'amour-propre y occupe une place de choix. La première édition des Maximes s'ouvrait sur un texte de plus de deux pages qui commençait ainsi : " L'amour-propre est l'amour de soi-même, et de toutes choses pour soi ; il rend les hommes idolâtres d'eux-mêmes, et les rendrait les tyrans des autres si la fortune leur en donnait les moyens ; il ne se repose jamais hors de soi, et ne s'arrête dans les sujets étrangers que comme les abeilles sur les fleurs, pour en tirer ce qui lui est propre. Rien n'est si impétueux que ses désirs, rien de si caché que ses desseins, rien de si habile que ses conduites ; ses souplesses ne se peuvent représenter, ses transformations passent celles des métamorphoses, et ses raffinements ceux de la chimie. On ne peut sonder la profondeur, ni percer les ténèbres de ses abîmes. " Mais La Rochefoucauld, dès la deuxième édition, a choisi de retrancher cette longue maxime-définition. De plus, dans la cinquième et dernière édition des Maximes, le terme d' " amour-propre " n'apparaît que quinze fois au fil des cinq cent quatre maximes que comporte le recueil. On trouve beaucoup plus fréquemment les termes d'" amour " ou d'" esprit ". D'où vient donc l'impression que l'amour-propre est omniprésent dans le recueil ? Sans doute de la place qu'il occupe dans le système élaboré par La Rochefoucauld. Il suffit de lire la définition qu'il donne dans la première maxime supprimée pour comprendre que l'amour-propre est extrêmement puissant. La maxime 3 tente d'en sonder l'étendue : " Quelque découverte que l'on ait faite dans le pays de l'amour-propre, il y reste encore bien des terres inconnues. "

Mais l'amour-propre n'est pas le seul tyran régissant les comportements humains. Il y a également l'humeur, ou les humeurs, on dirait aujourd'hui le tempérament, ou le caractère : " Les humeurs du corps ont un cours ordinaire et réglé, qui meut et qui tourne imperceptiblement notre volonté ; elles roulent ensemble et exercent successivement un empire secret en nous : de sorte qu'elles ont une part considérable à toutes nos actions, sans que nous le puissions connaître. " dit la maxime 297. Les passions ont également un rôle important : " Il y a dans le c½ur humain une génération perpétuelle de passions, en sorte que la ruine de l'une est presque toujours l'établissement d'une autre. " explique la maxime 10. La Rochefoucauld distingue deux sortes de passions, les faibles, comme la vanité et la paresse, et les fortes, comme l'amour et l'ambition. Il faut ajouter à ce déterminisme psycho-physiologique la fortune, c'est-à-dire le hasard, la chance ou la malchance : " Quoique les hommes se flattent de leurs grandes actions, elles ne sont pas souvent les effets d'un grand dessein, mais des effets du hasard. " dit la maxime 57. Si, comme l'affirme la maxime 435, " La fortune et l'humeur gouvernent le monde. ", si l'amour-propre gouverne l'homme, que reste-t-il à faire ? L'homme n'est plus qu'un pantin mu par des forces ennemies et incontrôlables. De là peut-être l'impression de ressassement éprouvée par certain lecteurs, car inlassablement, le moraliste démasque sous toutes nos actions, même les plus hautes en apparence, les motivations de l'amour-propre et les aléas de la fortune.



2. Pessimisme de La Rochefoucauld ? :

C'est ce système qui peut faire parler du pessimisme de La Rochefoucauld. En effet, l'homme paraît bien faible dans les Maximes. C'est que l'½uvre enregistre le changement d'état d'esprit qui s'est opéré dans les milieux fréquentés par La Rochefoucauld. En 1641, dans Cinna ou la clémence d'Auguste, Corneille fait dire à l'empereur Auguste, qui vient de décider de faire preuve de clémence en pardonnant leur trahison à Cinna, Emilie et Maxime:

En est-ce assez, ô ciel ! et le sort, pour me nuire,

A-t-il quelqu'un des miens qu'il veuille encor séduire ?

Qu'il joigne à ses efforts le secours des enfers :

Je suis maître de moi comme de l'univers ;

Je le suis, je veux l'être. Ô siècles, ô mémoire,

Conservez à jamais ma dernière victoire ! (vers 1693-1698, scène 3 et dernière de l'acte V)



Corneille dans la dédicace de Cinna, range la clémence parmi les " héroïques vertus ". En 1664, La Rochefoucauld, lui, écrit que " la clémence des princes n'est souvent qu'une politique pour gagner l'affection des peuples. " (M. 15) Il dégonfle ainsi la vertu héroïque, en l'assimilant à une froide manipulation de l'amour-propre. Relisons l'épigraphe des Maximes : " Nos vertus ne sont, le plus souvent que des vices déguisés. " Non seulement le grand homme trompe les autres, mais il se trompe lui-même. De Corneille à La Rochefoucauld, de l'exaltation du héros à sa " démolition ", selon le terme de Paul Bénichou, l'image des grands s'est dégradée. Cette dégradation est due à l'échec de la Fronde, et à l'affirmation du pouvoir monarchique, qui voit dans la haute noblesse un ennemi puissant, mais aussi au succès grandissant du jansénisme.



3. Le jansénisme dans les Maximes :

A l'origine de ce courant de pensée se trouve le théologien flamand et évêque d'Ypres Cornélius Jansen. S'appuyant sur la philosophie de saint Augustin, il compose en 1640 l'Augustinus. Cette ½uvre développe la théorie selon laquelle, quoi qu'il fasse, l'homme n'est sauvé que par la volonté absolue de Dieu. Cette théorie de la " prédestination absolue " est exigeante, et c'est elle qui donne leur éclairage particulier aux Pensées de Pascal comme aux Maximes de La Rochefoucauld. Mais La Rochefoucauld est un laïque, et il a pris soin de supprimer, dès la deuxième édition, toutes les maximes trop clairement religieuses. Autrement dit, il est moraliste, mais non théologien, et, de ce fait, après avoir constaté la misère de l'homme, il le laisse à son néant, sans l'inviter à faire le saut de la foi, tandis que Pascal lui propose de parier pour Dieu, et lui démontre qu'il a tout à y gagner. Mais si La Rochefoucauld ne tranche pas ouvertement en faveur de Dieu, c'est parce qu'il se veut avant tout " honnête homme ". Or, si l'on en croit la maxime 203, " Le vrai honnête homme est celui qui ne se pique de rien. "



4. Le moraliste " honnête homme " :

La Rochefoucauld, en " honnête homme " ne parle donc que de ce qu'il connaît, et il ne prétend pas dicter des règles de conduite. Il se contente de faire partager ses réflexions au lecteur, tout en affichant une certaine humilité, puisqu'il écrit, dans la maxime 106 : " Pour bien savoir les choses, il en faut savoir le détail ; et comme il est presque infini, nos connaissances sont toujours superficielles et imparfaites. " De là peut-être le choix de la maxime, dont la forme lapidaire, autonome, éclatée, dénonce l'impossibilité de tout discours suivi et exhaustif sur un sujet aussi vaste et complexe que l'homme. Mais l'" honnête homme " doit aussi savoir ménager ses interlocuteurs, et ses lecteurs : dans les Maximes, l'" art d'agréer " règne en maître. Cet art, selon Pascal, consiste dans " une correspondance qu'on tâche d'établir entre l'esprit et le c½ur de ceux à qui l'on parle d'un côté, et de l'autre les pensées et les expressions dont on se sert ; ce qui suppose qu'on aura bien étudié le c½ur de l'homme... " (15 App.) Aussi trouve-t-on à côté des maximes pessimistes, des maximes plus légères, destinées à adoucir l'atmosphère générale de l'½uvre. On peut citer la maxime 368 : " La plupart des honnêtes femmes sont des trésors cachés, qui ne sont en sûreté que parce qu'on ne les cherche pas. ", ou la maxime 138 : " On aime mieux dire du mal de soi-même que de n'en point parler. ", ou encore la maxime 110 : " On ne donne rien si libéralement que ses conseils. " Cette dernière maxime nous invite à comprendre que La Rochefoucauld se pose en observateur de la condition humaine, non en prédicateur, conformément à son idéal de l'" honnête homme ". Mais par la variété de ses maximes, il veut amener le lecteur à partager ses vues.



5. La leçon des Maximes :

C'est également cet " art d'agréer " qui a permis l'élaboration des Maximes. Le salon de Mme de Sablé, l'amie de La Rochefoucauld fut un haut lieu de la maxime. Les personnalités qui fréquentaient le salon s'échangeaient des maximes, les lisaient à haute voix, ou se les envoyaient, les étudiaient, les amélioraient, les appréciaient. Mais si la maxime tire son origine des jeux mondains pratiqués dans les salons, les Maximes de La Rochefoucauld sont avant tout issues d'un important travail personnel, concernant le style, le contenu et l'organisation des maximes en recueil. Significativement, les Maximes de Mme de Sablé paraîtront en 1678, et le traité sur La Fausseté des vertus humaines de Jacques Esprit sera publié en 1677-1678, ce qui prouve que les collaborateurs avaient des vues communes mais une personnalité unique et originale, qui trouva à s'exprimer dans une ½uvre individuelle. Chacun a suivi la voie qui lui semblait la plus naturelle, et il n'y a jamais eu de rivalité entre les amis et collaborateurs du salon de Mme de Sablé. C'est sans doute dans ce salon, et dans les autres salons que fréquentait La Rochefoucauld qu'il faut trouver la véritable leçon des Maximes, qui n'est pas si pessimiste qu'on le dit. Relisons la maxime 376 : " L'envie est détruite par la véritable amitié, et la coquetterie par le véritable amour. " Cette maxime est extrêmement positive, puisqu'elle admet la possibilité d'une relation authentique à autrui, et reconnaît l'efficacité de cette relation pour détruire les vices que sont la coquetterie et l'envie. En pratiquant l'" honnêteté ", l'homme peut vivre, et vivre bien. Surtout si la vie sociale est pour lui, comme pour La Rochefoucauld, l'occasion de progresser : " L'esprit s'attache par paresse et par constance à ce qui lui est facile ou agréable ; cette habitude met toujours des bornes à nos connaissances, et jamais personne ne s'est donné la peine d'étendre et de conduire son esprit aussi loin qu'il pourrait aller. " dit la maxime 482. Au fond de la sombre jarre que sont les Maximes, il reste donc toujours l'espérance...

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# Posté le vendredi 01 août 2008 16:04

Laclos : Les Liaisons dangereuses : Résumé et étude de l'oeuvre

Résumé des Liaisons dangereuses :

Lettre 153, du Vicomte de Valmont à la Marquise de Merteuil : " [...] le moindre obstacle mis de votre part sera pris de la mienne pour une véritable déclaration de guerre : vous voyez que la réponse que je vous demande n'exige ni longues ni belles phrases. Deux mots suffisent. "

Réponse de la Marquise de Merteuil, écrite au bas de la même lettre : " Hé bien ! la guerre. "



Il est délicat de résumer de façon linéaire un roman épistolaire, surtout lorsqu'il s'agit des Liaisons dangereuses, car on ne peut matérialiser l'intelligence de l'agencement des lettres ou mettre en valeur la diversité des styles (chaque épistolier a son tempérament, ses expressions, sa rhétorique, ses images).

Le roman s'ouvre sur une lettre de la jeune Cécile de Volanges, qui va sortir du couvent pour être mariée par sa mère, Mme de Volanges, à un certain Gercourt. Or Mme de Merteuil, parente de Mme de Volanges, apprenant ce projet de mariage, décide de se venger de Gercourt, ancien amant qui l'a quittée pour une autre femme. Pour cela, elle propose à son ami et ancien amant, le Vicomte de Valmont, de pervertir la jeune Cécile afin de ruiner le mariage de Gercourt. Mais Valmont refuse l'offre, car il est retenu chez sa vieille tante Mme de Rosemonde, par la présence de la Présidente de Tourvel, jeune femme dévote et vertueuse. Valmont veut faire de cette séduction un exploit, mais ce projet agace Mme de Merteuil : " Déjà vous voilà timide et esclave ; autant vaudrait être amoureux. " (lettre 10, de Merteuil à Valmont) La jeune Cécile, qui a quitté le couvent, s'éprend du Chevalier Danceny. Valmont, qui fait surveiller Mme de Tourvel, apprend que celle-ci a été prévenue contre lui par Mme de Volanges. Dès lors, il accepte de servir la vengeance de Mme de Merteuil, afin de se venger lui aussi, de Mme de Volanges. Cependant, Cécile demande à Danceny de ne plus lui écrire, et la Présidente fait la même demande à Valmont.

Dans la deuxième partie du roman, Valmont et Mme de Merteuil, sont tous deux à Paris mais ne parviennent pas à se voir. Ils élaborent néanmoins leur plan de bataille contre Gercourt et la petite Volanges. Mme de Merteuil convainc Mme de Volanges de se rendre avec sa fille chez Mme de Rosemonde. Valmont peut ainsi mener de front la séduction de Mme de Tourvel et la perversion de Cécile. Si les deux libertins, Merteuil et Valmont semblent unis par ce projet, ils sont pourtant toujours rivaux : Valmont se met en valeur en faisant le récit de ses derniers " exploits " et Mme de Merteuil répond par la cinglante lettre 81 ; dans cette lettre autobiographique, elle entend prouver à Valmont sa supériorité. " Et qu'avez-vous donc fait, que je n'aie surpassé mille fois ? " écrit-elle. Et de raconter sa vie, et le travail qu'elle a fait sur elle-même pour devenir une femme à la réputation inattaquable, qui, sous ce masque, intrigue, perd des réputations et manipule tout le monde. Afin de prouver cette supériorité, elle élabore un stratagème qui lui permet de perdre Prévan, un autre séducteur, dont Valmont est jaloux et qu'il lui avait présenté comme dangereux pour sa réputation. La Marquise de Merteuil triomphe.

La troisième partie du roman s'ouvre sur le silence de Valmont, qui tarde à entériner l'exploit de sa complice. Enfin, il écrit à Mme de Merteuil, et tente de faire valoir ses propres exploits, afin d'obtenir une nuit d'amour avec son ancienne maîtresse. Mais cette dernière les conteste : Valmont peut se prévaloir d'avoir le c½ur de Mme de Tourvel, mais il ne peut toujours pas se vanter de l'avoir possédée. Quant à Cécile, c'était une proie bien facile, dont il est impossible de se glorifier. Valmont s'attriste de la mésentente qui est en train de s'installer entre Mme de Merteuil et lui. Il élabore un stratagème pour revoir Mme de Tourvel : il feint une conversion religieuse et entend lui rendre toutes ses lettres.

Le début de la quatrième et dernière partie présente la " chute " de la Présidente de Tourvel : " La voilà donc, vaincue, cette femme superbe qui avait osé croire qu'elle pourrait me résister ! " écrit, triomphal, Valmont à Merteuil (lettre 125). Il exige donc sa nuit d'amour. Mais Merteuil la lui refuse, par jalousie : elle se juge insultée par l'attitude fort cavalière de Valmont, et l'accuse d'être amoureux de la Présidente. Elle exige le sacrifice de la Présidente, et fait parvenir à Valmont un " petit modèle épistolaire " (lettre 142) de lettre de rupture cinglante et destructrice. Valmont le recopie et l'envoie à la Présidente, sans penser aux conséquences d'un tel acte. Il songe à se réconcilier avec celle-ci. Mme de Merteuil triomphe, et le fait savoir à Valmont : " Oui, Vicomte, vous aimiez beaucoup Mme de Tourvel, et même vous l'aimez encore ; vous l'aimez comme un fou : mais parce que je m'amusais à vous en faire honte, vous l'avez bravement sacrifiée. " Effectivement, Mme de Tourvel sombre dans la folie, et Valmont ne peut réparer sa faute. Mme de Merteuil brave Valmont, en se refusant à lui, et en lui préférant Danceny. Valmont exige une réponse claire. " Hé bien ! la guerre. " répond Mme de Merteuil (au bas de la lettre 153, de Valmont à celle-ci). Valmont a l'initiative : il tente de rappeler à Danceny ses sentiments envers Cécile. Le stratagème semble fonctionner. Mais Mme de Merteuil réplique, en dévoilant la vérité à Danceny, concernant Valmont et Cécile : il provoque Valmont en duel, et le tue. Mais Valmont, avant de mourir, confie les lettres de Mme de Merteuil à Danceny. Danceny, avant de quitter Paris pour Malte, a fait connaître ces lettres, en particulier la lettre 81, autobiographique, et celle qui relate le stratagème de Mme de Merteuil pour perdre Prévan. La Présidente, en apprenant la mort de Valmont, meurt. Cécile, à la nouvelle de la mort de Valmont et du scandale qui compromet Mme de Merteuil, décide de prendre le voile. Sa mère, qui ne comprend rien, et pense même à l'unir à Danceny, accepte sa décision, sur les conseils discrets de Mme de Rosemonde. La Marquise de Merteuil est publiquement démasquée, et Prévan réhabilité. Atteinte de la petite vérole, Mme de Merteuil devient borgne et se trouve défigurée. Elle perd un procès qui était en cours et doit fuir en Hollande. Comme l'écrit Mme de Volanges dans la lettre qui clôt l'½uvre : " Qui pourrait ne pas frémir en songeant aux malheurs que peut causer une seule liaison dangereuse ! "
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# Posté le vendredi 01 août 2008 16:06